Coronavirus à Lille : Des centres de vaccination éphémères où l’on vient bon gré, mal gré

VACCINATION Pour faire face à l’afflux de demande de primo-injections du vaccin contre le coronavirus, la ville de Lille ouvre des centres de vaccination éphémères dans les quartiers populaires. Au premier jour de l’opération, il y avait foule devant celui de Lille-Fives

Mikaël Libert
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Un centre de vaccination éphémère à Lille-Fives.
Un centre de vaccination éphémère à Lille-Fives. — M.Libert / 20 Minutes
  • Avec l’extension du pass sanitaire, les demandes de primo-vaccinations ont explosé.
  • A Lille, des centres de vaccination éphémères et sans rendez-vous ont ouvert.
  • Au premier jour, ce mardi, 150 doses étaient disponibles au centre de Fives alors que la file d’attente était très longue.

Les dernières annonces du président de la République au sujet du pass sanitaire ont largement boosté les demandes de primo-injections de vaccin contre le coronavirus. Des plateformes de rendez-vous submergées qui laissent sans solution à court terme les nouveaux candidats à la piqûre. Pour répondre à une partie de cette demande, la ville de Lille, le Centre hospitalier universitaire et l’ARS ont ouvert, depuis ce mardi, des salles municipales pour vacciner sans rendez-vous les habitants des quartiers populaires.

Quatorze journées de primo-vaccination sans rendez-vous ont été programmées entre ce mardi et le 6 août. L’opération commençait dans le quartier de Fives, au Centre de santé Decarnin installée dans la rue éponyme. « On s’est dit tout de suite que nos locaux allaient être trop petits alors la paroisse nous a prêté une salle plus grande », lance Cathy, la responsable du lieu tout en remplissant des QR codes à la chaîne.

Et ils ont bien fait de voir grand lorsque l’on observe la longue file d’attente qui se déroule bien au-delà de l’entrée du centre de vaccination éphémère. « Nous avons ouvert à 9 heures, mais des personnes attendaient déjà depuis 8 heures du matin », poursuit-elle.

Une estimation de 150 doses à revoir à la hausse

La demande est bien là. Un peu plus d’une heure après l’ouverture des portes, une cinquantaine de personnes avaient déjà reçu leur injection de vaccin. « Nous avons environ 150 doses de Pfizer. On estimait que ce serait suffisant, sauf que là, ça risque d’être juste », reconnaît Alexandre, infirmier coordinateur au centre de santé. « Nous travaillons en lien avec la pharmacie du CHU, si besoin, nous pourrons obtenir davantage de doses pour cet après-midi », rassure Jacques Richir, adjoint au maire de Lille.

Un centre de vaccination éphémère à Lille-Fives.
Un centre de vaccination éphémère à Lille-Fives. - M.Libert / 20 Minutes

Dans la file d’attente, c’est très mélangé. Des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux. Et personne ne semble particulièrement stressé à l’idée de recevoir le vaccin. « Je dois partir avec mes enfants en vacances le 8 août. J’avais prévu de me faire vacciner à la rentrée, mais les annonces du président m’ont un peu pris de court », explique Ghislaine. Nicolas, 24 ans, n’était pas chaud : « C’est plus le pass sanitaire que le vaccin qui me gêne. Sauf que pour être libre de nos mouvements, on n’a pas le choix », regrette-t-il. « On nous dit que ce n’est pas obligatoire, mais dans les faits, ça le devient. Alors un peu comme tout le monde, je me fais vacciner pour ne pas être embêté dans la vie de tous les jours », constate Axel, 25 ans.

Le vaccin, « c’est une liberté retrouvée »

Pour Jacques Richir, élu et aussi médecin, il ne faut pas voir les choses à l’envers. « Ce n’est pas une contrainte. Au contraire, c’est une liberté retrouvée », insiste-t-il. Et la contrainte peut aussi se cacher ailleurs, dans la fracture numérique par exemple. « Nous avons ciblé des quartiers populaires où les taux de vaccination sont les plus faibles quand, paradoxalement, les taux d’incidence y étaient les plus élevés », assure l’élu. Pour lui, le passage par les plateformes de prise de rendez-vous ne facilite pas la tâche, surtout dans des quartiers dans lesquels « 30 % des habitants ont des téléphones prépayés », ou tout simplement pas d’accès à Internet : « On veut aller au plus près de ces personnes et sans rendez-vous », ajoute Jacques Richir.

Mercredi, c’est dans le quartier de Moulins que sera installé un centre de vaccination éphémère. Vu l’engouement de ce premier jour, la ville pense déjà à prolonger l’opération au-delà de la date du 6 août.