Sortie de route de Faurecia à Auchel

Aurore Malval

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« On ne va rien laisser sortir. » Sylvie Cordier, déléguée CGT, est déterminée. Hier, à la suite de l'annonce de la fermeture définitive fin août 2010 de l'usine Faurecia à Auchel, le blocage du site s'est rapidement organisé. Devant l'entrée de l'équipementier automobile, une tente bleue et blanche est plantée. « On va en avoir besoin parce qu'on va rester », lance Jean-Pierre Raoult, délégué syndicale FO. Sur toutes les lèvres : les 179 licenciements et les redéploiements de 172 postes sur le site d'Hénin-Beaumont et de 157 sur celui de Marles-les-Mines.

Edmond et son épouse sont respectivement employés chez Faurecia depuis vingt et trente ans. C'est d'ailleurs une des particularités de l'usine qui emploierait « au minimum 40 couples », selon Edmond. « On ne sait pas quoi faire, ajoute le père de famille. Avec cette histoire de redéploiement, on est pris pour des cons. Hénin-Beaumont, c'est à 50 km, ça veut dire partir à 3 h. » Un avis partagé par les syndicats. « Aucun emploi n'est garanti par la suite », insiste Freddy Nowaczyk (FO). Jean-Pierre Raoult est, lui aussi, pessimiste : « A Henin-Beaumont, ils ne travaillent que deux jours par semaine. Ici, nous n'avons que six jours chômés par mois. »

Tous les salariés brandissent le rapport d'expertise, rendu public trois semaines auparavant et qui déclare viable le site d'Auchel. « Nous avons un rapport pour nous », déclare René Hocq (PCF), le président du syndicat d'aménagement des zones industrielles Auchel-Lillers qui en appelle aux élus : « Les politiques ont le pouvoir d'empêcher une fermeture d'usine. » Le maire d'Auchel, Richard Jarrett (DVD), s'est d'ores et déjà engagé à mettre en place une desserte en bus de l'usine d'Hénin-Beaumont. « Faurecia ne licencie pas 508 personnes, elle préfère redéployer ses salariés pour pouvoir bénéficier de l'argent du plan de relance », a même avancé l'élu. « Nous ne sommes pas candidats à ce plan », a répondu la direction du groupe. ■