« Sarkozy, c'est mon dernier espoir, ma vie est entre ses mains »

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Il était 15 h 45, hier, quand le téléphone a sonné dans le bureau de Frank Berton. Depuis sa prison de Tepepan au Mexique, Florence Cassez a tenu à faire part de sa détresse aux journalistes. « Ce n'est pas possible. Je crois que le juge n'a jamais étudié mon dossier. On m'a refusé le droit de le rencontrer, a-t-elle lâché entre deux sanglots. Sarkozy est mon dernier espoir. Ma vie est entre ses mains. Il faut qu'on me sorte d'ici. »

Un peu plus tôt, au même endroit, son père n'en demandait pas moins. « J'espère qu'elle va tenir le coup. Le droit de grâce est notre seule raison d'espérer. Tout ce que je veux maintenant, c'est que le Président revienne avec elle ce week-end... »

A l'annonce de la condamnation en appel de la Nordiste, plusieurs parlementaires avaient pourtant émis des doutes sur l'utilité du voyage présidentiel. « Le Président doit reporter, voire annuler son voyage, ont ainsi réclamé deux sénateurs et un conseiller général parmi lesquels Jean-René Lecerf, sénateur (UMP) du Nord. Il doit tirer les conclusions de cet affront. »

Député (PS) de Boulogne-sur-Mmer à l'origine du comité de soutien à Florence Cassez, Frédéric Cuvillier n'est, lui, pas vraiment de cet avis. « J'en appelle à Nicolas Sarkozy pour que [...] la situation de Florence trouve une fin heureuse et que la France cesse d'être insultée plus longtemps. » Frank Berton, l'avocat de la Nordiste, était sur la même longueur d'onde : « C'est un scandale, une honte. Une atteinte à la liberté et à la vie. Tout démontre son innocence. »

Le porte-parole de l'Elysée, Luc Chatel, a confirmé que le président de la République évoquerait cette affaire, ce week-end, lors de sa visite au Mexique avec, pour objectif, « d'obtenir le transfert » de la Florence Cassez en France. ■Vincent Vantighem et Aurore Malval