De l'insertion avant les incarcérations

Gilles Durand

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Après trois ans de bataille judiciaire entre les riverains et le ministère de la Justice, les travaux du centre pénitentiaire d'Annoeullin, au sud de Lille, ont commencé début janvier. Un chantier de 60 millions d'euro, qui doit durer près de deux ans, avant la mise en service de cette nouvelle prison de 690 places. Dans ce projet controversé était inscrit un volet insertion. Il se met en place aujourd'hui, avec le lancement d'un chantier école pour vingt demandeurs d'emploi. Ces jeunes seront engagés pour suivre une formation de coffreurs bancheurs, métier qui consiste à ériger des murs de béton à l'aide de grands moules en acier appelés banche. La charte de partenariat signée entre la mairie d'Annoeullin, la maison de l'emploi Pévèle Mélantois Carembault et le maître d'oeuvre, Norpac, prévoit une indemnisation, puis une rémunération pendant dix mois pour ces vingt jeunes, avec un CDI à la clé. Cette initiative du ministère de la Justice satisfait pleinement Philippe Parsy, maire (PS) d'Annoeullin : « Vingt emplois, c'est une goutte d'eau dans le contexte actuel, mais c'est mieux que rien. » A titre personnel, ce dernier s'est d'ailleurs toujours montré favorable au projet. « Voilà au moins un site qui ne risque pas d'être délocalisé et qui va rapporter annuellement 450 000 euros à la commune, quand les détenus vont arriver. » Les prisonniers sont en effet considérés comme des habitants en ce qui concerne l'attribution de la dotation globale de fonctionnement par l'Etat.

Pourtant, un ultime recours contre le permis de construire a été déposé par André Coupey, propriétaire d'une pommeraie que la future prison va jouxter. En cause, les nuisances que des papillons, attirés par l'éclairage nocturne, risquent de faire subir à sa production fruitière. Autre forme de mécontentement qui pourrait se manifester : l'absence d'acheteur pour un lotissement d'une quarantaine de maisons actuellement en construction sur la même zone. ■