Régionales dans l’Aisne : Des isoloirs anti-coronavirus comme « arme contre l’abstention »

INITIATIVE Née lors du premier confinement, la société « Mon masque de France » propose aux mairies des rideaux d’isoloirs virucides pour protéger les électeurs du coronavirus lors des élections régionales

Mikaël Libert

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Le rideau virucide fabriqué par «Mon masque de France».
Le rideau virucide fabriqué par «Mon masque de France». — Mon masque de France
  • Une société de l’Aisne utilise un procédé suisse permettant de rendre le textile virucide.
  • Utilisé d’abord pour confectionner des masques, il a été appliqué aux vêtements et désormais aux rideaux d’isoloirs.
  • Une soixantaine de communes des Hauts-de-France a déjà passé commande pour les élections régionales.

L’épidémie de coronavirus ne sera pas une excuse. On se souvient de l’abstention record lors des élections municipales de 2020 en raison du contexte sanitaire. Par crainte du Covid-19 et malgré les mesures mises en place par les autorités, les électeurs avaient donc boudé ce scrutin qui, habituellement, mobilise davantage que les autres. Et cette problématique risque de se poser encore davantage lors des régionales dont le premier tour est prévu le 20 juin. Contre cela, une entreprise de Soissons, dans l’Aisne, a peut-être la solution : le rideau d’isoloir anti-covid.

« C’est une arme anti-abstention », déclare à 20 Minutes le maire du Touquet, Daniel Fasquelle. Des rideaux d’isoloirs anti-covid, l’élu en a déjà acheté pour les 12 bureaux de vote qui seront installés dans sa commune du Pas-de-Calais. « Je souhaite que les électeurs se rendent aux urnes, tout ce que l’on peut faire pour les rassurer doit être fait », ajoute-t-il. Et comme lui, ce ne sont pas moins de soixante maires de communes des Hauts-de-France qui ont passé commande de ces fameux rideaux auprès de la société Mon masque de France, basée à Soissons.

Elimine « 99,99 % des virus et bactéries »

Ce produit ne tombe pas du ciel fort opportunément pour les élections. En fait, l’entreprise axonaise a été montée un peu à l’arrache en mai 2020, pendant et à cause de l’épidémie de coronavirus. A l’époque, Diane Deblyck, la fondatrice, a découvert HeiQ Viroblock, un procédé suisse qui permet d’imprégner un textile d’une solution virucide éliminant « 99,99 % des virus et bactéries ». D’abord appliquée à la confection de masques, la société s’est diversifiée en proposant des vêtements de protection virucides et, maintenant, des rideaux d’isoloirs.

« Dès le début, l’idée n’était pas de faire de l’argent mais de rendre accessible une protection optimale non seulement contre le coronavirus, mais aussi contre la plupart des autres virus et bactéries », explique la fondatrice. Pour les isoloirs, Mon masque de France vend ses rideaux entre 29,60 euros (hors taxe) et 35,60 euros (hors taxe). « Le prix d’un rideau classique est en moyenne de 45 euros », assure Diane Deblyck, ajoutant que sa société se bornait à ne réaliser qu’une marge de 10 %.

« J’étais de toute façon prêt à payer plus cher », renchérit le maire du Touquet. Et l’investissement est d’autant plus rentable que l’efficacité virucide est garantie pour 30 lavages, soit 30 élections. Largement de quoi voir passer quelques maires et quelques présidents de la République.