Hauts-de-France : Quand des gestes du quotidien polluent l’air de nos logements

ENVIRONNEMENT Pendant quatre mois, 150 familles belges et françaises participent à une expérience pour évaluer la qualité de l’air dans leurs logements. A mi-parcours, deux d’entre elles racontent à 20 Minutes les enseignements qu’elles ont déjà pu en tirer

Mikaël Libert

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Le mini capteur de qualité de l'air installé chez les volontaires.
Le mini capteur de qualité de l'air installé chez les volontaires. — Atmo
  • En Hauts-de-France et en Belgique frontalière, 150 familles participent à l’Aéro aventure.
  • Il s’agit d’une expérimentation visant à évaluer la qualité de l’air à l’intérieur des logements.
  • Un microcapteur est installé chez les volontaires et analyse en temps réel les différents polluants présents dans l’air.

On pollue sans en avoir l’air. Depuis début avril, 150 familles des Hauts-de-France et des régions belges de Flandres et de Wallonie, participent à l’Aéro aventure, un volet du projet transfrontalier TransfAIR. Cette expérimentation, pilotée côté français par Atmo, vise à impliquer les citoyens dans l’évaluation de la qualité de l’air à l’intérieur de leurs logements. A mi-parcours, deux familles de la métropole lilloise, déjà sensibilisées aux problématiques environnementales, reconnaissent avoir eu quelques surprises.

L’Aéro aventure, c’est une expérience qui va durer jusqu’à fin juillet au cours de laquelle des citoyens volontaires vont devoir évaluer la qualité de l’ai de leurs foyers. Pour cela, ils disposent d’un microcapteur connecté à une application qui va analyser la composition de l’air en temps réel. « Ce n’est pas une expérience scientifique, les données ne sont pas collectées à des fins d’analyse », explique Céline Derosiaux d’Atmo Hauts-de-France. L’idée est plutôt d’impliquer les citoyens dans l’auto-évaluation de la qualité de l’air en fonction de leur mode de vie. « On vise la prise de conscience pour encourager à ensuite identifier les actions pour modifier les comportements », poursuit-elle.

Le capteur apporte une certitude là où planait le doute

Au sein de la famille Delannoye, à Wattrelos, on ne rigole pas avec l’environnement. Parents et enfants participent régulièrement à des actions pour la planète, comme le défi zéro déchet, et sont très à cheval sur la question de la pollution : « Je n’étais pas inquiète sur la qualité de l’air chez moi mais plutôt curieuse de participer à cette aventure », assure Emilie, la maman. Et malgré tout, la famille a été surprise : « On a vu la différence par exemple lorsque l’on fait la cuisine en allumant ou non la hotte. Ou simplement le fait d’allumer une bougie qui dégrade instantanément la qualité de l’air à proximité », s’étonne-t-elle.

Ces simples gestes du quotidien, Emilie se doutait qu’ils avaient un impact sur la pollution de l’air. Aujourd’hui, elle en a la preuve. « Le fait qu’ils se rendent compte par eux-mêmes est important. Ce n’est pas ressenti de la même manière que si c’est un scientifique qui vous assure que vos habitudes sont mauvaises », insiste Céline Derosiaux. Du coup, la famille Delannoye fait du prosélytisme auprès de ses proches : « Même ma petite de 8 ans se rend compte que certains comportements sont mauvais pour l’air, comme le fait que ses grands-parents fument », assure Emilie.

Pas de changements radicaux mais de petits gestes

A Lille, la famille Parys est arrivée dans l’Aéro aventure grâce au jeune fils de 8 ans, très attiré par le domaine scientifique. « J’étais un peu sensibilisée à ces questions avant, mais plus encore depuis que mon fils s’y intéresse », reconnaît Magalie, la maman. Chez ces Lillois aussi, la qualité de l’air était bonne, du moins au début : « Grâce au capteur, nous avons découvert que la qualité de l’air s’était dégradée pendant une semaine lorsque nous avons dû faire changer la chaudière », affirme la mère de famille.

Cette fameuse « perception » de la qualité de l’air devient concrète au travers des mesures du capteur : « Nous n’avons pas radicalement changé nos habitudes, estime Magalie. Mais c’est vrai que j’aère un peu plus lorsque je vois grimper la petite jauge ». De petits gestes qui, à grande échelle, pourraient tout changer.