Trente postes d'agents d'ambiance

Aurore Malval

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Dix nouvelles embauches et vingt transferts de salariés pour les affecter à une mission de « présence, dissuasion et assistance ». Hier après-midi, les contrôleurs de Transpole n'ont pas exercé leur droit de retrait pour rien. A la suite de deux nouvelles agressions dans le métro (à Gambetta et à Mons), mercredi soir et hier matin, la quasi-totalité des contrôleurs avaient en effet cessé le travail. Six heures de négociations plus tard, la direction lâche du lest en ressuscitant trente agents d'ambiance. Supprimés en 2004, ces salariés étaient chargés de pacifier les relations usagers-contrôleurs. Trente postes seront donc créés.

Rassemblés devant le siège de Transpole à Marcq-en-Baroeul, les agents ont eu l'après-midi pour s'épancher. « On a l'impression que les agressions deviennent banales », s'exclame Gaëtan.

« Nous sommes surexposés à la violence, renchérit Patrick Trinel, délégué CFDT. Cela s'ajoute à la pression des résultats. » La pression des résultats, le syndicaliste la décrit chiffres à l'appui. Le contrat avec la communauté urbaine fixe un objectif de contrôle de 3,5% des passagers. « Nous sommes aujourd'hui à 4,3% », assure Patrick Trinel.

Idem pour le taux de fraude. Transpole doit atteindre au maximum les 14,5% de passagers-fraudeurs. « On fait mieux avec 13,2% », poursuit le délégué CFDT. Le malaise est là. Les contrôleurs réclament plus de prévention. A l'annonce par la direction des dix embauches et des vingts transferts, l'assemblée tangue avant d'accepter. « Cela fait des années qu'on se bat pour le retour des agents d'ambiance. C'est quand même un point positif. » ■