Lille : L’occupation d’un bâtiment vide par des militants associatifs empêchée par le RAID

LOGEMENT Un collectif d’associations a tenté d’investir un bâtiment inoccupé appartenant à la mairie pour y loger des personnes sans abri

Mikaël Libert

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Les militants de Gaïa s'étaient réfugiés sur le toit.
Les militants de Gaïa s'étaient réfugiés sur le toit. — Collectif Gaïa
  • Un collectif pour le droit au logement a tenté d’occuper un bâtiment municipal vide à Lille.
  • Leur action a été interrompue par l’intervention rapide des forces de l’ordre.
  • Les militants réclamaient un bail d’occupation précaire afin de loger temporairement une dizaine de personnes sans abri.

Un échec positif. Dimanche, plusieurs associations regroupées au sein du collectif Gaïa ont tenté de réquisitionner un bâtiment municipal inoccupé depuis des années à Lille, dans le Nord. L’intervention des forces de l’ordre a empêché l’action d’aboutir mais a permis de mettre en lumière la problématique des logements vacants face à celle des personnes à la rue.

Extinction rebellion, Utopia 56 ou encore le Collectif du 27 mars font partie de Gaïa. Ce collectif a été formé pour dénoncer l’aberration entre le nombre important de logements vacants d’un côté et l’augmentation des personnes sans domicile de l’autre. Pour marquer le coup, Gaïa avait prévu de réquisitionner les locaux appartenant à la municipalité de l’ancien Institut médico-éducatif (IME) situé rue des Meuniers, à Lille. « Nous souhaitions en faire un lieu autogéré avec des logements pour une dizaine de sans abri mais avec aussi un côté culturel, écologique ouvert aux habitants du quartier », explique au nom de Gaïa Antoine, membre d’extinction rebellion.

« Ni l’eau ni l’électricité n’ont été coupées »

Selon le collectif, l’endroit est donc inoccupé depuis une dizaine d’années sans pour autant être insalubre. « Avec un coup de ménage, le bâtiment est exploitable immédiatement. Ni l’eau ni l’électricité n’ont été coupées », assure Antoine. Ce que Gaïa espérait négocier avec la mairie, c’est un bail d’occupation précaire lui permettant d’occuper les lieux pendant deux ou trois ans. « D’après ce que l’on sait, il n’y a pas de projet précis pour ce bâtiment, du moins pas à court terme », poursuit le militant. Selon la mairie, le site de la rue des Meuniers doit accueillir « un nouveau lieu pour les familles avec la nouvelle école de musique de Wazemmes », une « maison d’assistances maternelles » et une « maison des parents ». Il n’y a toutefois pas d’échéance précise à ce sujet.

Pour autant, Gaïa n’avait pas démarché directement la mairie à propos de l’ancien IME en amont de son action, préférant miser sur une position de force en cas de réussite de l’opération. Cela n’a pas été le cas, puisque les forces de l’ordre ont rapidement mis un terme à la tentative d’occupation. Quelques militants ont été plus difficiles à déloger que les autres après s’être réfugiés sur le toit de l’IME. Les policiers ont dû faire appel au Raid afin d’aller les chercher. Un déploiement de forces dont la ville n’est pas à l’initiative a-t-on assuré à 20 Minutes. Peu importe pour Antoine, « si le but premier n’a pas été atteint, l’intervention de la police a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, notamment de politiques », reconnaît-il.

En effet, EELV Lille s’est ainsi indigné : « Plutôt que l’envoi de la police, nous demandons l’ouverture d’un dialogue ». Le comité local du mouvement Génération. s assure son « soutien au collectif Gaïa contre le mal-logement ». Le député insoumis Adrien Quattenens à, lui, demandé à « Martine Aubry d’ouvrir le dialogue pour un bail d’occupation précaire ». « Ce genre d’occupation autorisée par la ville existe déjà à Rennes. Pourquoi pas à Lille ? », se demande Faustine Balmelle élue écologiste lilloise qui soutient le projet de Gaïa. De son côté, la mairie rétorque que si « l’hébergement d’urgence est de la compétence de l’Etat », la ville met 2.274 places toute l’année à disposition des personnes en grande difficulté. A 20 Minutes, la mairie aussi a annoncé « l’ouverture prochaine de 50 places ''familles'' en hébergement d’urgence ».