Le textile du Nord, une histoire tourmentée

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En 1970, l’industrie textile représentait 50 000 emplois dans l’agglomération lilloise. Trente ans plus tard, il en reste 10 000. Soit cinq fois moins. Le déclin a commencé avec la crise de 1974. « Tout à coup, la consommation a marqué le pas, raconte Jacques Bonte, auteur de Patrons textiles (éd. Voix du Nord). Alors que jusqu’à présent la hausse des ventes compensait la hausse de la productivité, là il a fallu licencier. » Et automatiser, pour suivre la concurrence. « Mais avec un certain retard », reconnaît Jean Bodanowski, délégué général de l’Union des industries du textile du Nord (UIT-Nord). Un retard qui précipite nombre d’entreprises à la faillite. Avec le plan Mauroy d’amélioration de la productivité en 1983, les effectifs se stabilisent. Mais au début des années 90, les pays en voie de développement s’équipent et se modernisent. « Il fallait s’y attendre, il faut toujours garder un temps d’avance », commente Annie Favrie, fondatrice de la Cité de l’Initiative à Roubaix. Les délocalisations s’amorcent. « C’est la confection qui a donné le signal de départ », rappelle Jean Bodanowski. C’est le secteur qui utilise le plus de main d’oeuvre. Toute la filière suit. En 2003, le secteur textile a encore perdu plus de 1 200 emplois dans la métropole. « Le salut réside dans les vêtements techniques et la création, secteurs où l’on reste  en avance », conclut Annie Favrie. Olivier Aballain Demain : l’avenir du textile.

création Depuis lundi se tient à Roubaix la deuxième semaine internationale de la création et de l’innovation textile. Au programme : expositions, défilés et salons professionnels. « Grâce à ses écoles et  à ses entreprises innovantes, Roubaix reste un pôle d’attraction et d’avenir très  important dans ce secteur », selon la mairie.