Lille : Electroménager, vélos, smartphones... Réparateur d'objets, un métier qui a de l'avenir

DEVELOPPEMENT DURABLE Les mœurs changent et la réparation d’objets revient en force au goût du jour. A tel point que le métier de réparateur est en plein essor et recrute de plus en plus

Mikaël Libert
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Beaucoup d'appareils d'électroménager sont jetés au lieu d'être réparés (illustration).
Beaucoup d'appareils d'électroménager sont jetés au lieu d'être réparés (illustration). — Alexandre GELEBART/REA
  • Les Français sont de moins en moins frileux à faire réparer les appareils plutôt que de les changer.
  • Une entreprise a ouvert à Lille une école pour former ses propres réparateurs de matériel d’électroménager.
  • Une autre recrute une quinzaine de personnes dans le Nord pour devenir réparateurs indépendants de vélos.

Obsolescence déprogrammée. A une autre époque, si un appareil tombait en panne, il suffisait de demander autour de soi pour trouver un bricoleur capable de mettre le bon coup de tournevis où il fallait pour que les choses rentrent dans l’ordre. Il faut dire qu’à cette même époque, l’électroménager, par exemple, était fabriqué pour durer et que les prix élevés justifiaient de tenter la réparation. Aujourd’hui, pour une bouilloire à dix euros, on ne se pose pas la question. Ou, du moins, on ne se posait pas la question. Entre-temps, on a ouvert les yeux sur l’état de la planète et le développement durable, l’économie circulaire et le recyclage se sont ancrés dans les esprits. Un changement de mœurs qui n’est peut-être pas du goût des industriels mais qui a le double mérite de créer des emplois et d’être bon pour la planète.

Il y a deux ans, l’entreprise Murfy a lancé un service de dépannage et de réparation à domicile d’appareils d’électroménager dans le Nord en partant d’un constat simple : « Avec plus de 4,2 millions d’appareils électroménagers en service pour 610.000 foyers dans le département, le risque de panne est inéluctable », explique-t-on chez Murfy. Autre chiffre incroyable, près de 1,4 million d’appareils sont jetés chaque année dans le Nord-Pas-de-Calais selon une étude publiée par l’Ademe en 2014. « Dans 85 % des cas, nous sommes capables de réparer ces pannes », nous assure-t-on.

Une école pour former ses propres réparateurs

Dès son lancement, Murfy a trouvé son marché, non seulement pour le côté réparation, mais aussi pour le reconditionnement d’appareils voués à la casse. Et parce que la demande est de plus en plus grande, l’entreprise ouvre à Lille sa propre école pour former des réparateurs d’électroménager. « Il s’agit d’une formation de six mois divisée en deux : trois mois de théorie et trois mois de pratique, d’abord dans l’atelier puis sur le terrain en compagnie d’un technicien tuteur », explique-t-on chez Murfy. D’ailleurs, les 15 premiers candidats sont en cours de recrutement.

Toujours parce que les mœurs évoluent et que les modes déplacement doux sont en pleine explosion, il faut trouver des mains pour entretenir et réparer vélos et autres trottinettes. C’est le domaine de Cyclofix, lancé depuis 2016 et présente dans 14 métropoles françaises avec plus de 150 réparateurs dans son réseau. Mais aujourd’hui, cela ne suffit plus pour faire face à la demande. « A Lille, d’ici au mois de septembre, nous souhaitons recruter entre 10 et 15 réparateurs indépendants pour intégrer notre réseau », estime Hugo De Luca de Cyclofix.

Le domaine le plus répandu et qui recrute beaucoup reste celui de la téléphonie mobile. Pour autant, il existe des offres d’emploi de réparateurs plus insolites. Ainsi, à Lille, l’Armée de terre est à la recherche d’un réparateur de parachutes. A Roye, dans la Somme, une entreprise de logistique a publié une annonce pour dénicher un réparateur de palettes. Plus rare, c’est un réparateur-accordeur de pianos qu’une entreprise de Frelinghien espère embaucher. Bref, il existe des réparateurs pour presque tout, sauf pour les cœurs brisés.