Lille : La municipalité a installé ses premières caméras dans le secteur de la gare

SECURITE La ville de Lille a commencé le déploiement de la vidéoprotection dans les espaces publics. Les deux premières caméras ont été installées dans le centre, aux abords de la gare de Lille-Flandres

Mikaël Libert

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Les premières caméras de surveillance sont installées à Lille.
Les premières caméras de surveillance sont installées à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Les premières caméras de surveillance promises par Martine Aubry ont été installées ce mardi à Lille.
  • Le dispositif comptera à terme 40 caméras fixes et une dizaine de caméras mobiles.
  • Le système sera complété par la mise en œuvre d’un centre de supervision urbain d’ici la fin de l’année 2021.

L’œil de Martine. Lors de la dernière campagne des municipales à Lille, tous les candidats, sauf l’écologiste Stéphane Baly, avaient promis le déploiement de la vidéoprotection. Même Martine Aubry qui avait pourtant su résister à la tentation au cours de ses précédents mandats. Sa promesse s’est en partie concrétisée ce mardi, avec l’installation de deux caméras dans le secteur de Lille-Flandres.

La première se trouve juste en face de la gare, la seconde au milieu de la rue Faidherbe. Installées par Eiffage, ces deux caméras municipales sont perchées sur des mâts à 6 m de haut. Chacune est équipée de quatre objectifs permettant de couvrir un vaste champ de 330°, ne laissant qu’un petit angle mort constitué par le support. Les caméras filment en full HD, soit une définition de 1920x1080, « largement suffisant pour procéder à une identification à courte distance », explique à 20 Minutes un technicien de la mairie. Au-dessus de chaque caméra se trouvent une batterie et un disque dur capable d’enregistrer deux semaines de vidéo en continu, jour et nuit.

« C’est un lieu mal fréquenté »

« Ces deux caméras sont dites ''mobiles'', c’est-à-dire que les images ne sont pas regardées en temps réel par des agents. En revanche, les vidéos peuvent être extraites et exploitées dans des procédures judiciaires ou des enquêtes de police », explique Arnaud Deslandes, adjoint au maire en charge de la cohésion des territoires. D’ici à vendredi, deux autres caméras mobiles seront positionnées place des Reignaux et une dernière à l’entrée de la rue Faidherbe, assurant ainsi une couverture optimale du secteur.

Les premières caméras de surveillance sont installées à Lille.
Les premières caméras de surveillance sont installées à Lille. - M.Libert / 20 Minutes

« C’est un lieu mal fréquenté », reconnaît Jean-Claude Menault, ancien directeur de la police du Nord devenu adjoint au maire en charge de la Sécurité. « On constate ici une délinquance d’appropriation du secteur avec essentiellement des vols à la tire, à l’arraché ou avec effraction », assure pour sa part l’actuel directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Jean-François Papineau. « On n’est pas dans le vivre ensemble mais dans le parasitisme », déplore Fabien Florack, le gérant d’une pharmacie proche de la gare. Même son de cloche chez d’autres commerçants : « Il y a une grosse attente des commerçants, inquiets face à ces problèmes d’insécurité », résume Nicolas Clauzet, président de l’Union des commerçants Lille-Flandres et Reignaux.

La vidéoverbalisation « possible », mais « pas à l’ordre du jour »

Pour l’instant, les caméras lilloises auront un rôle dissuasif et éventuellement un rôle pour apporter des éléments de preuve. Pour le côté protection, il faudra attendre la mise en œuvre du centre de supervision urbain (CSU) qui sera installé, d’ici à la fin 2021, dans l’enceinte du futur hôtel de police municipale. Entre-temps, une quarantaine de caméras fixes auront été positionnées notamment à Moulins, Wazemmes, République ou encore Lille-Sud.

A cette échéance, des agents affectés au CSU seront effectivement en mesure de regarder les images des caméras en temps réel et d’envoyer des effectifs sur place en cas de problème. L’adjoint à la Sécurité voit même un peu plus loin. « Si la vidéoverbalisation n’est pas encore à l’ordre du jour, elle est techniquement possible. Il faudra cibler, par exemple pour les véhicules stationnés sur les pistes cyclables », imagine Jean-Claude Menault.