Brigitte Mauroy en veut à «Charlie»

PROCES Tout le monde était d'accord hier au tribunal de Lille: Brigitte Mauroy ne milite pas en faveur de l'excision des petites filles...

■ O. A.

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Un frère Royal, une belle-soeur Besancenot et une nièce Mauroy sur des listes de droite, Mme Nicolas Hulot sur une liste de gauche, la mère de François Hollande en campagne à 80 ans... les municipales et cantonales, c'est aussi une affaire de famille qui réserve quelques surprises.
Un frère Royal, une belle-soeur Besancenot et une nièce Mauroy sur des listes de droite, Mme Nicolas Hulot sur une liste de gauche, la mère de François Hollande en campagne à 80 ans... les municipales et cantonales, c'est aussi une affaire de famille qui réserve quelques surprises. — Philippe Huguen AFP

Pourtant l'urologue lilloise, entrée en politique l'an dernier aux côtés de Sébastien Huyghe (UMP), a attaqué Charlie Hebdo en diffamation pour un article publié à quelques jours du premier tour des municipales 2008.

Le journaliste Antonio Fischetti y critiquait la nièce de Pierre Mauroy pour des écrits de 2004, où elle explique que le capuchon du clitoris, «peu développé chez les Occidentales, est beaucoup plus long chez certaines Asiatiques ou Africaines, ce qui fait procéder à une circoncision».

Un passage qui, selon Antonio Fischetti, rend Brigitte Mauroy «en toute lucidité [...] complice de mutilation sexuelle». L'intéressée avait refusé de s'expliquer à l'époque, en pleine campagne. «Ne peut-on pas la comprendre?», s'interrogeait hier Me Vincent Potié, son représentant à l'audience. «Si elle avait reconnu que sa déclaration était maladroite au lieu de me menacer, je n'aurais même pas écrit d'article», a expliqué Antonio Fischetti, scientifique de formation. Il était rejoint par le procureur, qualifiant l'écrit de Brigitte Mauroy de «propos ambigu et dangereux». Ce dernier a toutefois requis 2 000 euros d'amende car «le journaliste savait qu'elle ne voulait pas défendre l'excision». «Cet écrit est dangereux, c'est ce qui compte», a estimé Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo. Décision le 26 février.