Coronavirus dans les Hauts-de-France : Les hôpitaux font face à une saturation record depuis le début de l’épidémie

SANTE Dans les Hauts-de-France, les hospitalisations pour Covid-19 ont dépassé les niveaux atteints lors des deux premières vagues de l'épidémie

20 Minutes avec AFP
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En immersion avec le Samu du Nord, l'équipe arrive a l'Institut Cœur Poumon du CHU de Lille pour transférer un patient.
En immersion avec le Samu du Nord, l'équipe arrive a l'Institut Cœur Poumon du CHU de Lille pour transférer un patient. — Sarah Alcalay / SIPA

Situation de plus en plus tendue. Les hospitalisations pour Covid-19 dans les Hauts-de-France ont dépassé les niveaux atteints lors des deux premières vagues de l’épidémie, imposant la poursuite des transferts de patients face à une « circulation très active du virus », a annoncé jeudi l’ARS.

« Entre 60 à 70 personnes entrent en réanimation et soins intensifs Covid chaque jour », constate, dans un communiqué, l’Agence régionale de Santé de cette région soumise depuis une semaine, comme l’Ile-de-France, à un nouveau confinement pour tenter de freiner l’épidémie.

Nette augmentation des admissions hospitalisations

En tout, « 3.281 personnes Covid + sont actuellement hospitalisées dans la région, dépassant ainsi les deux vagues précédentes » et « la circulation très active du virus se traduit par une nette augmentation des admissions en hospitalisations », avertit l’Agence.

« On est sur la phase de croissance massive, même exponentielle, de pénétration du nouveau virus britannique », analyse le Dr Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, appelant à anticiper une évolution similaire dans les autres régions.

« Le virus circule énormément en France, les contaminations sont à un niveau très élevées et elles ont une incidence deux à trois semaines plus tard sur les hospitalisations et les hospitalisations en réanimation », affirme-t-il, constatant, en outre, un rajeunissement des patients dans les services de réanimation et « des formes qui semblent être plus graves et nécessitent une hospitalisation directe en réanimation ».

« Des moments très durs pour avril »

« Cela part du nord et cela va descendre, il ne faut pas se faire d’illusion », a également réagi auprès de l’AFP le Dr Patrick Goldstein, chef du Samu du Nord, disant s’attendre à « des moments très durs pour avril ».

Le médecin ne note qu’un élément encourageant : l’amélioration dans le Dunkerquois, où la flambée épidémique s’est déclenchée à la mi-février, notamment du fait de la proximité avec l’Angleterre. L’hôpital de la ville, qui a procédé à une centaine de transferts depuis mi-février, n’a pas eu besoin d’en organiser, ce jeudi matin.

Depuis début mars, 38 patients en réanimation ont été transférés des Hauts-de-France vers la Belgique, la Normandie, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine et ces transferts « restent indispensables » pour continuer à accueillir les patients Covid et non-Covid, souligne l’ARS.

Nouvelles déprogrammations d’interventions chirurgicales

Face à cette situation, l’Agence « a demandé aux établissements de poursuivre l’augmentation des capacités de réanimation et soins intensifs, avec un objectif qui pourrait être porté à 950 lits pour la fin de la semaine », alors que la région comptait 460 lits de réanimation avant la crise sanitaire.

Cette nouvelle montée en puissance « se ferait au prix de nouvelles déprogrammations d’interventions permettant de libérer des capacités d’accueil et/ou des ressources humaines spécialisées », souligne l’ARS.

L’Agence voit une lueur d’espoir dans l’accélération de la vaccination contre le Covid-19 et le fait que « la couverture vaccinale régionale en population générale (ayant reçu au moins une dose) est au 22 mars de 10,2 %, supérieure à la moyenne nationale à 9,5 % ».