Notre-Dame de Paris : Une centaine de chênes ont été abattus dans le Nord pour reconstruire la charpente de la cathédrale

PATRIMOINE Les chênes ont été découpés en forêt de Mormal, la plus grande de la région

Francois Launay

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Une centaine de chênes ont été abattus en forêt de Mormal
Une centaine de chênes ont été abattus en forêt de Mormal — F.Launay/20 Minutes
  • Une centaine de chênes de la plus grande forêt du Nord viennent d’être abattus pour reconstruire la charpente de Notre Dame.
  • Une décision qui réjouit les amateurs de patrimoine, un peu moins les passionnés de nature.

Pour les trouver, il ne faut pas hésiter à aller s’aventurer en forêt de Mormal. Avec plus de 10.000 hectares, c’est la forêt la plus grande du Nord de la France. Un endroit dans lequel une centaine de chênes viennent d’être coupés à la tronçonneuse pour aller reconstruire la charpente en bois de la flèche et du transept de Notre-Dame de Paris.

Après l’incendie du 15 avril 2019 qui a ravagé une bonne partie de l’édifice, l’ONF (Office National des Forêts) a répondu à l’appel aux dons lancé par l’Etablissement pour reconstruire la cathédrale. L’organisme, qui gère les forêts domaniales et communales du pays, a décidé de donner au total 325 chênes sur les 1.300 nécessaires pour reconstruire la charpente en bois. Le reste provenant de dons issus de forêts privés. Et si une centaine de chênes de Mormal ont été retenus, c’est pour leurs caractéristiques particulières.

Un bois aux caractéristiques idéales pour Notre-Dame

« On a des pièces conséquentes allant de 60 à 80 centimètres de diamètre et avec des hauteurs de charpente de 13 mètres. On avait des parcelles où nos chênes étaient arrivés à maturité (environ 150 ans). C’est pour ces raisons que ce bois a été sélectionné », explique Eric Marquette, directeur de l’ONF Nord-Pas-de-Calais.

Abattus juste avant le début du printemps, les chênes seront transportés dans des scieries locales d’ici quelques semaines. Là-bas, les bois seront transformés en charpente avant d’être mis au séchage à l’air libre pendant 18 mois. Après le séchage, les bois seront amenés chez des compagnons charpentiers puis seront montés à Notre Dame avant 2024, date prévue de la fin du chantier.

L'un des chênes abattus en forêt de Mormal pour reconstruire Notre-Dame deParis
L'un des chênes abattus en forêt de Mormal pour reconstruire Notre-Dame deParis - F.Launay/20 Minutes

Des critiques sur l’abattage des arbres

Dans la région, si beaucoup témoignent leur fierté de voir du bois local participer à la reconstruction de Notre Dame, d’autres sont moins enjoués à l’image de Jean-Claude Bonnin. Depuis 38 ans, il est maire de Locquignol, une commune située en plein milieu de la forêt. « Ça peut être une fierté pour la forêt de Mormal et pour Locquignol mais ce n’est pas pour ça qu’on va aller au ciel », sourit jaune le premier édile qui n’apprécie pas forcément les coupes rases faites dans la forêt. « Ils vont couper 200 chênes pour être sûr d’en avoir 100 », regrette de son côté Eric Braem, deuxième adjoint à la mairie de Locquignol.

Les chênes abattus vont être remplacés par des arbres plus résistants aux sécheresses

Plus largement, de nombreuses critiques sur l’abattage de ces chênes centenaires se sont faites pressantes ces dernières semaines. Pour se justifier, Eric Marquette rappelle que l’ONF gère les forêts de façon durable.

« Le bois est un matériau naturel et renouvelable que l’on exploite pour satisfaire les besoins de l’homme pour du chauffage ou encore de l’ameublement. Mais quand on coupe un arbre, il y a soit de la régénération naturelle soit du replantage si l’essence en place n’était pas adaptée. Par exemple, les chênes de Notre Dame sont pédonculés. Ils vont être remplacés par des chênes sessiles plus résistants aux périodes de sécheresse que nous allons connaître dans les années à venir », conclut le directeur de l’ONF régional.