Pas-de-Calais : La commune de Neufchâtel-Hardelot en instance de divorce ?

DÉBAT COMMUNAL À l’heure des fusions de communes, Neufchâtel-Hardelot pourrait-elle se scinder en deux ? C’est l’objectif du comité pour l’autonomie d’Hardelot qui compte saisir le préfet

Nicolas Montard
— 
Hardelot, commune de Neufchâtel-Hardelot, bientôt de l'histoire ancienne ?
Hardelot, commune de Neufchâtel-Hardelot, bientôt de l'histoire ancienne ? — Nicolas Montard
  • Neufchâtel-Hardelot regroupe deux agglomérations différentes : un bourg plutôt rural et une station balnéaire.
  • Un comité réclame l’autonomie d’Hardelot par rapport à Neufchâtel. Selon les « indépendantistes », Hardelot se développerait bien mieux seul.
  • À Hardelot, l’enthousiasme semble très mesuré sur la question.

Hardelot sans Neufchâtel ? Ce serait une révolution : depuis sa création sur une garenne bordée de dunes à partir de 1905, la cossue station balnéaire se situe bien sur le territoire de Neufchâtel, même si le centre bourg originel est à six kilomètres de la plage.

À la manœuvre de ces velléités séparatistes, une vingtaine de personnes emmenées par Xavier Lebray, candidat battu à l’élection municipale partielle de 2017. Pour saisir le préfet, qui peut alors diligenter une enquête publique avant de se prononcer sur une éventuelle séparation, le comité pour l’autonomie d’Hardelot doit réunir 600 signataires, soit un tiers des électeurs inscrits, à deux reprises et à un an d’intervalle.

Hardelot avancerait mieux seule

Leur argument majeur ? Hardelot la balnéaire est physiquement coupée de Neufchâtel, bourg rural semblable à tant d’autres du Pas-de-Calais. « Les villages existent déjà indépendamment l’un de l’autre, juge Xavier Lebray. Les équipements principaux (halte-garderie, salle de sports, etc.) sont à Neufchâtel et Hardelot n’en profite pas. Par ailleurs, les sujets d’Hardelot ne sont pas traités à leur juste mesure : trait de côte, ensablement des rues, gestion de flux… ».

Hardelot gagnerait de l’éclat en présidant à ses propres destinées. Et l’opposant de citer ces stations aujourd’hui réputées qui ont fait sécession hier : Wimereux avec Wimille, Le Touquet avec Cucq. Séparations datant tout de même de 1899 et 1912…

Les arguments font bondir la maire, Paulette Juilien-Peuvion, « Dans toutes les cités, il y a des quartiers différents. La population est sensiblement la même des deux côtés (3.746 habitants en tout), même si Hardelot accueille jusque 16.000 personnes l’été. Je ne peux pas laisser dire qu’il n’y a pas d’équipements côté station : elle a un tennis, un centre équestre, une base nautique, une Poste à l’année. Avec 30 naissances dans la commune par an, nous n’allons bien sûr pas construire une école en plus… » L’édile fustige un débat en dehors de l’air du temps, alors que la mode est plutôt à mutualiser les coûts et les moyens en fusionnant les communes.

Et le projet ?

Le comité pour l’autonomie d’Hardelot dit avoir réuni environ 300 signataires. Ils n’étaient pas dans les rues d’Hardelot ce jeudi matin. Crainte des répercussions sur la fiscalité d’une éventuelle nouvelle commune, projet d’un autre âge, querelle d’ego politique… les interviewés, qui restent anonymes, ne sont pas tendres.

« Je reconnais que les deux villages sont différents, mais je ne vois pas ce qu’une telle séparation peut rapporter à l’un ou l’autre », cingle ce commerçant. Un passant abonde : « Avant de parler de séparation, il faut parler de projet. Or, il n’y en a pas aujourd’hui. »