Nord : Un père de famille « massacré gratuitement », l’accusation réclame vingt et quinze ans de réclusion contre deux accusés

JUSTICE L’avocat général a réclamé vingt ans et quinze ans de réclusion criminelle pour deux jeunes hommes accusés de tentative d’homicide aggravé, après avoir laissé pour mort un père de famille

G.D. avec AFP

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La cour d'assises de Douai, dans le Nord.
La cour d'assises de Douai, dans le Nord. — G. Durand / 20 Minutes

« Fabien L. a été massacré, gratuitement ». L’accusation a demandé, ce jeudi, des peines de 20 et 15 ans de réclusion contre deux cousins accusés de tentative de meurtre aggravée. Il a également réclamé un an ferme et quatre de sursis pour un troisième homme, accusé de complicité et qui avait tout raconté aux enquêteurs.

Mohamed A. et Bilal B., âgés de 19 et 20 ans au moment des faits, sont jugés depuis une semaine devant les assises du Nord à Douai. Ils sont accusés d’avoir, dans la nuit du 27 au 28 mai 2015 à Libercourt, dans le Pas-de-Calais, sauvagement passé à tabac un père de famille qui cherchait son chien dans leur cité, avant de brûler sa voiture dans un champ proche. Tous deux nient les faits depuis le début de l’instruction.

Les aveux du troisième homme

Sorti du véhicule in extremis, Fabien L. avait été retrouvé presque mort, brûlé au deuxième degré sur 20 % du corps et victime d’un traumatisme crânien. Resté handicapé, il ne se souvient pas de cette nuit de cauchemar.

L’accusation tient en grande partie sur les aveux du troisième homme, Mohamed B., qui assure avoir été contraint par les deux cousins à remplir un bidon d’essence, puis à les accompagner sur la scène de crime.

« Pour cette rafale de coups […] qui a emmené Fabien L. aux frontières de la mort », et l’a « privé de sa vie de père, de travailleur, de sportif », l’avocat général, Olivier Agnus, a réclamé « des peines lourdes » : 20 ans de réclusion criminelle à l’encontre de Mohamed A., « le plus dangereux […] le meneur » et 15 ans contre Bilal B., qui avait « fracassé une bouteille de vodka sur le crâne » de la victime, puis suivi son cousin dans ce déferlement de violence.

« Un sursaut d’humanité »

« Mais il a eu un sursaut d’humanité », sortant la victime du coffre au dernier moment, selon le récit de Mohamed B., a-t-il noté. Lors de l’audience, l’avocat général avait « tendu une perche » à Bilal B. lui demandant si c’était lui qui avait sorti Fabien L. du véhicule en feu. Il a persisté à nier sa présence sur les lieux.

Concernant Mohamed B., qui a agi « sous la peur » et « la menace », il a demandé l’acquittement pour « la complicité de tentative de meurtre », mais un an de prison ferme et quatre avec sursis, pour sa participation à l’incendie. Le verdict du jury est prévu pour vendredi après-midi.