Nord : Considérées en bonne santé par les autorités, les vaches de Wambrechies ont fini à l’abattoir

ANIMAUX Une trentaine de vaches, qu'une association jugeait maltraitées, a fini dans un abattoir, selon la préfecture

Gilles Durand
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Une des vaches de l'exploitation agricole de Wambrechies, dans le nord.
Une des vaches de l'exploitation agricole de Wambrechies, dans le nord. — M.P.
  • En début d’année, l’association de protection des animaux L214 avait demandé le retrait d’un troupeau de bovins pour des soupçons de maltraitance.
  • Les vaches avaient été jugées en bonne santé par les autorités sanitaires.
  • Elles ont finalement été vendues à un abattoir fin février, provoquant la colère de L214.

Mort aux vaches. En début d’année, l’association de protection des animaux L214 avait pris fait et cause pour 36 bovins d’une ferme à Wambrechies, dans le Nord. Pourtant, leur sort a été définitivement scellé fin février. Elles ont fini par être abattues, a-t-on appris, ce lundi, dans un communiqué de L214.

« Seules quatre vaches gestantes n’ont pas été tuées et semblent toujours se trouver chez les éleveurs », annonce l’association, d’autant plus furieuse qu’une cagnotte de 22.000 euros avait été réunie pour sauver les bêtes de l’abattage.

Accusés de maltraitance

« Un lieu d’accueil était disponible. Nous ne comprenons pas pourquoi les services vétérinaires étaient si pressés que ces animaux meurent », dénonce L214 qui avait accusé les propriétaires du troupeau de « maltraitance », évoquant même « une ferme de l’horreur ». La Fondation Brigitte Bardot était prête à accueillir les animaux. Mais la législation sanitaire, renforcée depuis la crise de la vache folle, les oblige à être, au préalable, identifiés.

A l’époque, la préfecture avait coupé court à toute polémique estimant, d’après le rapport des services vétérinaires, que « l’état général d’entretien des bovins était satisfaisant ». L’association met en doute ce constat. « Les services vétérinaires sont intervenus en catimini auprès du négociant qui avait pris en charge les animaux et ont ordonné leur abattage alors même que l’identification n’était pas terminée », raconte L214.

Contactée par 20 Minutes, la préfecture livre une tout autre version : « L’opération de chargement des animaux, effectuée le 24 février, fait suite à une décision des éleveurs de cesser toute activité d’élevage. Ils ont ainsi fait le choix de commercialiser les animaux à un abattoir dans le respect des réglementations de traçabilité en vigueur. »

« Ce libre choix des éleveurs doit être respecté »

Dans ce dossier, la situation sociale difficile des deux éleveurs avait été mise en avant par la mairie de Wambrechies et les services vétérinaires. « Pourquoi n’ont-ils pas soutenu la cagnotte de 22.000 euros, qui n’était pas encore close et continuait d’augmenter, et qui aurait permis aux éleveurs de récupérer une somme conséquente ? », interroge l’association.

Peut-être parce que la vente des animaux pour l’abattoir a rapporté davantage aux propriétaires. « Ce libre choix des éleveurs doit être respecté, puisque les animaux sont en bon état général et demeurent leur propriété », précise la préfecture. La viande va donc finir dans les assiettes.

Stérilisation des chats errants ?

Par ailleurs, une autre association, L’Ecole du Chat de Marcq-en-Barœul, se mobilise aussi pour s’occuper de chats errants vivant aux abords de l’exploitation agricole. « Une lettre ouverte demandant au maire de la ville de laisser les associations prendre en charge ces animaux pour les stériliser est restée sans réponse, regrette-t-elle. Or, si les associations ne peuvent intervenir sur le terrain (…), les chats se multiplieront dans les mois qui viennent. »

Selon les deux associations, une enquête est en cours après le dépôt de deux plaintes.