Coronavirus : Et si l’huile de foie de morue avait un effet bénéfique pour lutter contre le virus ?

SANTE Les premières analyses d’une étude menée en Norvège montrent que les consommateurs d’huile de foie de morue sont moins touchés par le Covid-19

Gilles Durand
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L'huile de foie de morue est un produit qui revient à la mode.
L'huile de foie de morue est un produit qui revient à la mode. — G. Durand / 20 Minutes
  • Depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, les ventes d'huile de foie de morue ont grimpé en France.
  • Une étude épidémiologique, menée en Norvège, a montré que les consommateurs de ce produit étaient moins touchés par l'épidémie.
  • Les deux atouts de l'huile de foie de morue sont la vitamine D et les omega 3 qui renforcent les défenses immunitaires.

Retour en grâce pour l’huile de foie de morue ? A en croire un des fabricants norvégiens, Norsan – qui exporte en France depuis fin 2019 – ce produit semble connaître, aujourd’hui, un vrai regain d’intérêt, après être tombé en désuétude après la Seconde Guerre mondiale.

« En 2020, nos ventes ont très fortement augmenté chaque mois », assure – sans toutefois préciser de chiffres – Géraldine Payne, responsable de la filiale française de Norsan, installée à Villeneuve-d’Ascq, dans le Nord. La raison est toute simple : l’huile de foie de morue pourrait avoir des effets bénéfiques contre le coronavirus Sars-Cov-2.

Moins souvent contaminés

Depuis novembre, des chercheurs norvégiens étudient cette hypothèse auprès de 70.000 volontaires. En effet, il y a tout juste un an, l’hôpital d’Oslo avait questionné, sur Internet, les Norvégiens sur leurs habitudes de vie afin d’évaluer les facteurs de risques face à l’épidémie de Covid-19.

Le constat épidémiologique avait été suffisamment significatif pour poursuivre l’étude. Sur les 150.000 personnes (dont 2.000 testées positives) qui avaient répondu, les consommateurs réguliers d’huile de foie de morue étaient moins souvent contaminés. Et en cas d’infection, ces derniers s’en sortaient également mieux que les autres.

L’argument est désormais utilisé par Géraldine Payne pour développer les ventes. « En Norvège ou au Japon, où on consomme beaucoup de poissons gras, les habitants résistent mieux au Covid. Aux Etats-Unis, réputés pour la malbouffe, ce n’est pas le cas », explique-t-elle.

Faire de son aliment son premier médicament

Difficile d’en tirer des conclusions hâtives, mais selon elle, l’alimentation joue un rôle. « Dans l’Antiquité, le célèbre médecin grec Hippocrate conseillait de faire de son aliment son premier médicament, glisse-t-elle. L’huile de foie de morue a deux atouts : la vitamine D et les oméga 3 qui renforcent les défenses immunitaires et possèdent des vertus anti inflammatoires. Ce produit apporte un équilibre de nutrition que nous avons perdu avec nos habitudes alimentaires. »

Seulement voilà, il existe encore un frein psychologique à propos de l’huile de foie de morue : son goût et son odeur, comme en témoignaient les anciens qui avaient connu le traitement. « La mauvaise odeur et le mauvais goût provenaient de l’oxydation du produit car les conditions de conservation n’étaient pas aussi bonnes qu’aujourd’hui », assure Géraldine Payne.

De nos jours, ce n’est plus le cas. Certes, avaler une cuillère laisse toujours un arrière-goût de poisson dans la bouche, mais le produit, avec la saveur d’une huile classique, est totalement inodore. Qu’on se le dise !

Un médicament historique

L’huile de foie de morue illustre parfaitement un certain retour au naturel dans l’alimentation et les soins. Ainsi, au Moyen-Âge, les Vikings se servaient de ce produit pour soigner les articulations et les douleurs musculaires. Il a été introduit en France dans la seconde moitié du XIXe siècle par le professeur Armand Trousseau, après des décennies de combat pour faire admettre aux scientifiques son efficacité dans la lutte contre le rachitisme des enfants.