Lille : Martine Aubry demande (à nouveau) la fermeture du bar identitaire la Citadelle

EXTRÊME DROITE Après l’annonce de la dissolution de Génération identitaire, la maire de Lille a réitéré sa demande de fermeture administrative d’un établissement proche de cette mouvance

Mikaël Libert

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Le bar identitaire la Citadelle, à Lille.
Le bar identitaire la Citadelle, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Le groupe Génération identitaire a été dissous ce mercredi en conseil des ministres.
  • La maire de Lille, Martine Aubry, se félicite de cette décision et souhaite des conséquences dans sa ville.
  • Au préfet, l’élue a réitéré sa demande de fermeture de la Citadelle, une « maison de l’identité » privée.

Ce mercredi, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé que l’association d’extrême droite Génération identitaire avait été dissoute en Conseil des ministres. Dans la foulée, la maire de Lille, Martine Aubry, a renouvelé sa demande au préfet de fermer le bar la Citadelle, « maison de l’Identité » installée dans le centre-ville.

« Nous nous réjouissons d’une telle décision dont il faut tirer les conséquences à Lille », a écrit Martine Aubry dans un communiqué publié, mercredi soir. Pour l’élue socialiste, les « conséquences à Lille » sont, en premier lieu, « fermer administrativement ''La Citadelle'' », assure-t-elle.

Plusieurs vaines demandes de fermeture

Ce bar est en fait un club privé ouvert aux membres de l’association éponyme. Il a ouvert à Lille en septembre 2016, à deux pas de l’Opéra, sans toutefois avoir pignon sur rue. A l’époque déjà, Martine Aubry avait expliqué qu'elle allait être « très attentive » aux problèmes éventuels que la structure « pourrait engendrer » en termes de troubles à l’ordre public. Rien n’y avait fait, aucune faille n’avait été trouvée pour justifier une fermeture de l’endroit.

La mairie avait de nouveau tenté sa chance auprès du représentant de l’Etat après la diffusion d’un documentaire d’Al-Jazeera tourné en partie à la Citadelle. « J’avais alors saisi le Préfet pour lui demander que nous trouvions les mesures appropriées pour faire cesser les agissements de ces individus et obtenir la fermeture de la Citadelle », écrit encore la maire de Lille. En vain.

Pour Martine Aubry, la dissolution de Génération identitaire, c’est donc l’occasion qui fait le larron. Sauf que cela risque de ne pas être aussi simple. Si l’association la Citadelle se revendique comme « maison de l’identité » et que ses membres forment une « communauté militante identitaire et patriote », l’étiquette Génération identitaire n’apparaît plus nulle part. Si Aurélien Verhassel, président de l’association, avait effectivement appartenu à ce mouvement, ce n’est plus le cas aujourd’hui. « L’organisation la Citadelle est une structure indépendante […] Quant à Aurélien Verhassel, il n’est plus membre de Génération Identitaire et nous n’avons plus de contact avec lui », avait déclaré le mouvement en décembre 2018.

l’intéressé a réagi par retour de communiqué, s’interrogeant sur une « logique électoraliste » que Martine Aubry aurait en donnant des « gages à ses amis islamo-gauchistes ». Aurélien Verhassel est aussi revenu sur le documentaire d’Al-Jazeera en assurant que, dans cette affaire, « ni le Parquet, ni le Préfet n’ont engagé aucune procédure contre La Citadelle, ses activités ou son président ». L’ancien membre de Génération identitaire a ajouté : « nous poursuivrons désormais systématiquement, ceux qui y font référence pour nous diffamer ».