Coronavirus dans le Nord : Le dépistage massif à Roubaix pointe le manque de fiabilité des tests antigéniques

SANTE La campagne de tests massive organisée à Roubaix en janvier a dévoilé une quarantaine de faux négatifs avec la méthode antigénique

Gilles Durand
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Illustration d'un diagnostic de test antigénique..
Illustration d'un diagnostic de test antigénique.. — G. Durand / 20 Minutes
  • Une quarantaine de faux négatifs ont été comptabilisés lors de l’opération de dépistage massive anti-Covid, organisée du 11 au 16 janvier, à Roubaix, dans le Nord.
  • Ce résultat confirme le manque de fiabilité des tests antigéniques par rapport aux PCR.
  • L’Agence régionale de santé considère toutefois que ces données ne sont pas exploitables scientifiquement à cause du faible nombre de cas testés positifs.

Faut-il se fier aux résultats d’un test antigénique ? La polémique n’est pas nouvelle mais elle prend une nouvelle fois corps avec la quarantaine de faux négatifs comptabilisés lors de l’opération de dépistage massif anti-Covid, organisée du 11 au 16 janvier, à Roubaix, dans le Nord.

Selon l’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France qui vient de dévoiler les résultats, ce chiffre n’est pas exploitable scientifiquement à cause du peu de cas positifs décelés lors de la campagne. Sur les 5.304 tests réalisés, 66 personnes avaient été immédiatement dépistées positives grâce aux tests antigéniques, alors que 106 tests PCR positifs avaient été dénombrés. Un rapide calcul permet néanmoins d’établir un taux d’efficacité très faible d’environ 60 % pour les tests antigéniques.

« Les tests PCR restent la référence »

Or, une étude menée en août et septembre par le CHU Henri-Mondor, à Créteil, dans le Val-de-Marne évoquait déjà « une sensibilité globale » de la méthode antigénique « de l’ordre de 60 % par rapport à la PCR ». Rien de nouveau, donc, si ce n’est que le dispositif adopté lors du dépistage roubaisien ne souffrait d’aucun biais. En effet, c’est le même préleveur qui effectuait les deux tests PCR et antigénique. Donc la différence ne peut s’expliquer par un prélèvement plus ou moins bien réalisé.

« Ce résultat confirme ce qu’on savait déjà, à savoir que les tests PCR sont plus sensibles et qu’ils restent la référence. Ce sont d’ailleurs les PCR qui sont demandés, par exemple, lors d’un embarquement pour un pays étranger et qui sont pratiqués dans certains établissements scolaires avec les tests salivaires massifs », explique Jean-Charles Dugimont, président du syndicat des biologistes de Nord-Picardie, un des organisateurs de la campagne de tests roubaisien.

Aucune hospitalisation

Quel est l’intérêt, dès lors, de ces tests antigéniques ? « Ils permettent de détecter les cas les plus contagieux, c’est-à-dire lors de la première phase de la maladie qui dure six à sept jours », précise le biologiste. Ensuite, ces tests perdent de leur sensibilité et seul un test PCR peut révéler une personne en seconde phase de la maladie.

Et Jean-Charles Dugimont de préciser : « Ils ont leur utilité lorsque vous voulez rapidement tester une population. Dans une salle de spectacle par exemple, où vous souhaitez tester les gens avant d’entrer pour réduire les risques de contamination. C’est une sorte de premier tri »,

Par ailleurs, ce manque de fiabilité ne doit pas cacher la bonne nouvelle de cette campagne de dépistage à Roubaix. Un mois après, « aucune des personnes testées positives n’a été hospitalisée », témoigne Jean-Charles Dugimont. Il faut savoir que, dans le département du Nord, le nombre d’hospitalisation avec diagnostic Covid-19 dépasse le millier de patients.