Malo-les-Bains, le 16 mai 2020. Reportage à Malo pour le premier week-end de réouverture des plages du Nord après le déconfinement.
Malo-les-Bains, le 16 mai 2020. Reportage à Malo pour le premier week-end de réouverture des plages du Nord après le déconfinement. — M.Libert / 20 Minutes

PANDEMIE

Coronavirus à Dunkerque : Les maires de l'agglomération espèrent encore éviter un reconfinement sans se faire trop d'illusions

Francois Launay

Les maires de la communauté urbaine de Dunkerque veulent se laisser une dernière chance d'éviter un très probable reconfinement

  • Avec un taux d’incidence de 901/100.000 habitants, l’agglomération de Dunkerque est très touchée par le Covid-19 et son variant anglais.
  • Pour éviter un reconfinement qui semble inévitable, les maires de la communauté urbaine veulent se laisser une dernière chance.

Les débats ont été animés et les avis ont divergé. Réunis en visio conférence ce mardi matin, les maires de la communauté urbaine de Dunkerque (CUD) ont discuté pendant plus d’une heure avant de se mettre d’accord sur une position majoritaire. Territoire très touché par le variant britannique, le Dunkerquois a un taux d’incidence de 901/100.000 habitants. Des chiffres inquiétants, supérieurs à ceux des Alpes-Maritimes déjà reconfinées les deux prochains week-ends, qui n’ont pourtant pas encore conduit à un reconfinement sur le littoral nordiste.

Alors qu’Olivier Véran se déplacera ce mercredi dans la cité corsaire, les élus veulent se laisser une dernière chance d’éviter le pire en proposant une solution au ministre de la santé. « On va demander au gouvernement de mettre en place quatre grandes mesures pendant quinze jours : continuer le dépistage massif, accélérer et améliorer la visibilité sur le nombre de personnes vaccinées dans l’agglomération, instaurer l’obligation du port du masque dans toute la CUD et enfin lancer une grande campagne de prévention pour qu’il n’y ait aucun rassemblement familial, sportif ou culturel », explique Bertrand Ringot, maire (PS) de Gravelines et 2e vice-président de la CUD.

Une situation très difficile

Un dernier espoir qui pourrait être vite douché par la réalité. Car le service de réanimation du centre hospitalier de Dunkerque est saturé, des patients sont déjà transférés dans d’autres hôpitaux de la région et le taux d’incidence ne fait que grimper en flèche depuis plusieurs jours. Un tableau noir qui rend déjà certains élus fatalistes.

« La majorité des maires n’y est pas favorable mais je penche personnellement pour un reconfinement sur la CUD. Je sais que les habitants sont exaspérés, mais tous les paramètres sont réunis pour qu’il y ait des mesures fortes. Je pense qu’on a déjà perdu beaucoup de temps. On avait déjà été source de propositions au gouvernement il y a dix jours en proposant de fermer les lycées et les collèges et une demande de dérogation pour les écoles. Mais on n’a pas été entendus », regrette Martial Beyaert, maire (PS) de Grande-Synthe et 6e vice-président de la CUD.

L’Etat pointé du doigt pour son manque d’action

Face à la situation, les élus dunkerquois ne veulent surtout pas se faire accuser de laxisme. Cela fait même deux semaines qu’ils sonnent l’alarme face à l’aggravation de la situation sanitaire sur le territoire. Sans obtenir la prise de mesures fortes de la part du gouvernement.

« On s’est senti un peu abandonnés et oubliés par l’Etat. On les a interpellés, on a fait valoir la spécificité de la situation dunkerquoise. Il y a dix jours, le taux d’incidence était déjà de 658/100.000 et le taux de pénétration du variant anglais était de plus de 70 %. On avait des paramètres qui nous inquiétaient avec un hôpital saturé et des agents hospitaliers épuisés. La centralisation fait que l’Etat a parfois un peu de mal à écouter les territoires. Je ne peux que le regretter », déplore le maire de Grande-Synthe.

Un taux de positivité en baisse à Gravelines

Dans un territoire où tout le monde ou presque connaît désormais quelqu’un de positif au Covid-19, on s’accroche encore malgré tout à quelques signes positifs. Par exemple à Gravelines, le taux de positivité est en train de diminuer. « On était à 7,16 % de positifs le 19 février alors qu’on dépassait les 10 % une semaine plus tôt », précise ainsi Bertrand Ringot, le maire de la ville.

Reste le plus compliqué pour éviter le reconfinement : convaincre les habitants de ne pas se réunir dans une période de vacances scolaires aux températures printanières. « On sait que les gens sont exaspérés, qu’ils ont besoin de s’oxygéner. On sait que les jours rallongent, qu’il fait de plus en plus beau. Personne n’a envie d’être reconfiné. Mais bon, devant l’urgence de la situation, il faut tenir un discours de vérité », conclut Martial Beyaert, un élu qui ne se fait plus beaucoup d’illusions sur les restrictions qui devraient être annoncées ce mercredi par le gouvernement.