Lille : Plus aucune date avancée pour la mise en service du nouvel aéroport

TRANSPORT La crise du coronavirus a eu raison du calendrier des travaux d’agrandissement de l’aéroport de Lille-Lesquin. Les phases préliminaires, elles, se poursuivent

Mikaël Libert

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L'extension de l'aéroport de Lille-Lesquin est contestée.
L'extension de l'aéroport de Lille-Lesquin est contestée. — Aéroport Lille Lesquin / ENIA Architectes
  • On ne sait plus désormais à quelle date est prévue la livraison du nouvel aéroport de Lille.
  • Pourtant, l’obtention du permis de construire est toujours attendue pour le mois de juin 2021.
  • La concertation publique a permis aux gestionnaires de l’équipement de modifier certains aspects de leur projet de modernisation.

Eiffage a remporté, en 2019, la délégation de service public de gestion de l’aéroport de Lille avec l’intention d’en doubler la capacité. Il s’agissait d’une condition inscrite au cahier des charges par le Syndicat Mixte des Aérodromes de Lille-Lesquin et de Merville (Smalim), propriétaire de l’équipement, pour éviter une saturation à moyen terme. Sauf que l’épidémie de coronavirus est passée par là, bouleversant le calendrier du projet. Pour autant, certaines phases sont lancées, voire terminées, à l’instar de la concertation publique.

Avant la crise sanitaire, les gestionnaires de l’aéroport de Lille avaient prévu d’inaugurer la structure modernisée en 2023. Entre-temps, les mesures pour endiguer l’épidémie de coronavirus ont fait s’effondrer le trafic aérien et les prévisions de croissance de l’aéroport de Lille. « L’arrivée à saturation des capacités de cet équipement a été repoussée d’au moins deux ans. On va atteindre la barre de 3,9 millions de passagers, mais on ne sait pas à quelle échéance », estime Christophe Coulon, président du Smalim. Du coup, le caractère d’urgence n’existe plus et le début des travaux a été mis en pause. « Nous n’avons pas de nouvelle date prévue pour l’ouverture, cela va dépendre de la reprise du trafic aérien mais il n’y aura de toute façon aucun appel d’offres lancé avant 2023 », reconnaît le propriétaire de l’aéroport.

Accessibilité, environnement et nuisances

Si les premiers coups de pelle ont été renvoyés aux calendes grecques, les préliminaires administratifs, eux, se poursuivent. « Le permis de construire est attendu pour juin, l’autorisation environnementale pour juillet et l’enquête publique sera lancée en décembre prochain », détaille Marc-André Gennart, directeur général de l’aéroport. En fin d’année dernière a été bouclée une concertation publique dont le bilan vient de tomber. Cinq réunions publiques se sont tenues, dont une seule en présentiel, attirant au total 426 participants et près de 350 contributions écrites ont aussi été envoyées par internet.

« Cela nous a amenés à modifier notre projet de base pour tenir compte de certaines remontées du public. Par exemple, après avoir dialogué avec les riverains au sujet des nuisances sonores, nous nous sommes engagés à ne pas augmenter le nombre de vols de nuit d’ici 2039 », promet le directeur général de l’aéroport. Il y a aussi eu beaucoup d’interrogations sur l’impact environnemental de ce projet qui ont abouti à des modifications concrètes : augmentation de la desserte en transports en commun et mobilités douces, davantage de panneaux solaires, véhicules de service électriques ou encore une réduction de moitié de la surface de terrain bâtie pour limiter l’artificialisation des sols. De son côté, l’autorité environnementale a souligné la question de la pollution lumineuse.

Pour 2021, propriétaire et gestionnaire de l’aéroport ont élaboré des scénarios de prévisions de trafic pessimistes, tablant entre -40 % à -60 %. « Les premiers mois de 2021 ne sont pas convaincants. Il faut attendre l’été et on suit de près la progression de la vaccination », conclut Florent Janssen, président de l’aéroport de Lille.