Coronavirus : Le masque virucide élaboré par des chercheurs lillois est-il efficace ?

EPIDEMIE Annoncé il y a une semaine, le procédé Cidaltex, développé par Bioserenity en collaboration avec des scientifiques lillois, semble très performant pour lutter contre la propagation de l’épidémie de Covid-19

Mikaël Libert

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Lille, le 3 août 2020. A Lille, le port du marsque est obligatoire depuis lundi 3 août à l'extérieur dans certains secteurs identifiés en raison de l'augmentation des cas de coronavirus dans la Métropole européenne de Lille.
Lille, le 3 août 2020. A Lille, le port du marsque est obligatoire depuis lundi 3 août à l'extérieur dans certains secteurs identifiés en raison de l'augmentation des cas de coronavirus dans la Métropole européenne de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Le masque virucide à usage unique Cidaltex est disponible dès maintenant.
  • Il promet une efficacité proche de 100 % contre le Covid-19 et ses variants.
  • Le modèle chirurgical pour le grand public est proposé au prix de 0,44 euro l’unité.

Il y a une semaine, nous annoncions l’arrivée imminente sur le marché d'un nouveau type de masque à usage unique aux propriétés virucides. Bioserenity, l’entreprise française qui fabrique ce produit en a dévoilé, ce mardi, les caractéristiques. Baptisé Cidaltex, et élaboré par des scientifiques lillois, le fameux masque virucide affiche une efficacité de près de 100 % contre les virus, dont l'actuel coronavirus et ses variants.

Ce ne sont pas d’obscurs alchimistes qui ont mis au point et testé le masque à usage unique Cidaltex, fabriqué par l’entreprise Bioserenity. Toute la partie recherche et développement scientifiques a été réalisée par des chercheurs de l’Inserm, du CNRS, du Centre hospitalier de Lille et de l’Université de Lille. L’innovation est concentrée dans une fibre en non-tissé servant à la fabrication du produit final. Il ne s’agit pas d’un simple produit pulvérisé sur des masques traditionnels.

« Cela fonctionnera aussi sans distinction sur les variants »

On ne va pas entrer dans le détail du procédé mais pour faire simple, la cyclodextrine, une molécule provenant de l’amidon de maïs, est utilisée pour fixer un agent antiviral de type ammonium quaternaire dans un matériau textile. « Ce tissu enrichi de ce principe actif filtre et élimine les agents pathogènes dans les deux sens », assure le professeur Bernard Martel, chercheur au CNRS.

Selon lui, les virus sont inactivés dans un délai très bref. Les tests effectués en laboratoire ont permis aux scientifiques déterminer qu’un échantillon de coronavirus humain déposé sur le tissu Cidaltex était réduit de 99,9 % en moins de 5 minutes. « Cela fonctionnera aussi sans distinction sur les variants », promet Marc Froin, directeur général de Bioserenity. Les avantages sont nombreux.

Cette technologie réduit considérablement le risque de contamination du porteur mais aussi le risque qu’une personne infectée en contamine d’autres. Néanmoins, « Pour les porteurs du virus, ce masque ne pourra se substituer aux mesures d’isolement », insiste le professeur Pascal Odou du CHU de Lille. « Le principe actif fait aussi que le masque n’est pas un déchet contaminant et qu’il peut donc être traité sans risque », poursuit le patron de la start-up.

De nombreux autres tests ont aussi été effectués, pour vérifier la respirabilité et le taux d’humidité du masque. « Des soignants ont été sollicités pour tester le produit dans des conditions normales d’utilisation. Pour ces deux critères, les retours se situaient entre ''très bon'' et ''excellent'' », affirme le professeur Odou. « Des études ont aussi permis d’assurer qu’il n’y avait pas de transfert du principe actif vers le porteur », ajoute Marc Frouin.

Un prix grand public fixé à 0,44 euro le masque

Deux types de masques avec la technologie Cidaltex sont en cours de production : le FFP médical pour les soignants, et le chirurgical IIR pour le grand public. Le premier, qui n’est pas concerné par l’encadrement gouvernemental des prix, sera vendu aux professionnels 0,98 euro HT et 1,49 euro TTC aux particuliers. Le masque chirurgical IIR, dont le prix est encadré, sera vendu 0,29 euro HT aux professionnels et 0,44 euro TTC au grand public.

Selon Bioserenity, la capacité de production actuelle de son usine « de campagne » est d’un million d’unités par jour, avec une volonté de l’augmenter à court terme pour faire baisser les coûts et les prix de vente. L’entreprise assure que les masques de type FFP sont déjà disponibles. Il faudra en revanche attendre le 22 février pour espérer se procurer des modèles grand public, distribués essentiellement sur le site Web de l’entreprise et dans les pharmacies.