Lille : La sécurité dans les trains au menu du président des Hauts-de-France en campagne

TRANSPORTS Le président des Hauts-de-France et celui de la SNCF ont parlé chiffres et sécurité lors d’une visite ce lundi de la gare de Lille-Flandres

Mikaël Libert

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Xavier Bertrand et Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, à Lille.
Xavier Bertrand et Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, et Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF se sont rencontrés ce lundi à Lille.
  • Ils ont longuement évoqué la question de la sécurité sur le réseau et des moyens de la renforcer.
  • Dans la région, l’épidémie de coronavirus a engendré une baisse de fréquentation des TER de 45 %.

Petit train de campagne. Ce lundi matin, le président (LR) des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a rencontré le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, lors d’une visite en partie privée en gare de Lille-Flandres. Les relations entre les deux institutions sont pour le moins tumultueuses autour du service TER pour lequel la région dépense près de 500 millions chaque année. Devant la presse, l’entente semblait pourtant cordiale même si les sujets évoqués n’étaient pas faciles.

Xavier Bertrand et Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, à Lille.
Xavier Bertrand et Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, à Lille. - M.Libert / 20 Minutes

Dans le hall de la gare, les deux présidents ont longuement discuté avec une équipe de la sûreté ferroviaire (SUG) récemment dotée d’un chien capable de dénicher stupéfiants et explosifs. « La présence d’un chien de défense peut aussi avoir du sens, pour protéger les voyageurs et les agents », remarque Xavier Bertrand. Le thème de la sécurité semble important pour le patron de la région, même s’il reconnaît que ce n’est pas dans ses attributions : « On va continuer d’investir dans ce domaine, avec des caméras et des moyens humains », assure-t-il. Les Hauts-de-France ne sont pourtant pas en reste avec un millier de caméras SNCF sur le territoire, dont 300 rien que pour les deux gares lilloises. « Sur Lille, on est déjà bien sécurisés », reconnaît un agent de la SUG. « Mais il faut que la réponse pénale suive, les rappels à la loi ne suffisent pas », glisse Xavier Bertrand.

Une baisse de fréquentation des TER 45 %

Passée cette petite digression de campagne, les deux hommes sont entrés dans le dur : les chiffres. L’épidémie de coronavirus a engendré une baisse de fréquentation des TER de 45 % malgré quelques belles opérations commerciales (éTER et TER Lille-Paris). Pas question cependant de compenser celles-ci avec de l’argent de la région : « Ça s’est équilibré en faisant rouler moins de matériel mais il y a tout de même une perte en termes de recettes de 5,8 % », déplore Franck Dhersin, en charge des transports à la région. Pour lui, c’est notamment le télétravail qui a vidé les trains : « Il faut absolument faire revenir les voyageurs et séduire des publics qui ne prenaient pas le train », ajoute-t-il.

Et pour attirer un public différent, Xavier Bertrand souhaite une politique tarifaire agressive : « Les tarifs, on en discute. Il faut que l’on trouve des solutions. Sur certaines lignes, ça s’améliore, on sent que la SNCF veut bien faire », reconnaît-il. « Pour rendre le train populaire, il doit être accessible avec des tarifs adaptés », renchérit Jean-Pierre Farandou. Là-dessus, les deux présidents sont d’accord. Reste la fiabilité du service. « Pour les problèmes de régularité, il y a encore du travail. Moi je veux que les gens en aient pour leur argent », insiste Xavier Bertrand. « On va tout de même investir 1,6 milliard d’euros en quatre ans », rappelle Franck Dhersin.