Lille : Etre écoresponsable jusque dans les changes de son bébé

ENVIRONNEMENT Une jeune société lilloise vient de se lancer dans la location de couches lavables pour les crèches et les particuliers

Mikaël Libert

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Les couches lavables proposées par Kokpit
Les couches lavables proposées par Kokpit — Kokpit
  • Pour démocratiser l’utilisation des couches lavables, une start-up lilloise en propose à la location.
  • Moins pratique que les couches jetables, ce produit permet néanmoins d’économiser de l’argent et de générer moins de déchets.
  • En quelques mois, l’entreprise a séduit des dizaines de particuliers et plusieurs crèches.

C’est fou ce que ça peut générer comme déchets un bébé. On n’y peut rien, il faut un certain temps pour que les enfants deviennent propres. Trois ans en moyenne. Et pendant ce temps, pas le choix, il faut lui mettre des couches. Un ustensile bien utile mais pas du tout écoresponsable. Certes, il existe des couches lavables, plutôt écolofriendly mais qui ont aussi leurs inconvénients. Kokpit, une jeune entreprise nordiste, a peut-être la solution pour lever les barrières, notamment psychologique : la location.

Finalement, le principe de la couche lavable n’a pas grand-chose d’original puisque c’est à peu de chose près l’équivalent moderne du lange. « On est quand même sur des tissus plus adaptés, qui se lavent facilement et qui sèchent rapidement. Il y a aussi beaucoup de travail sur l’ergonomie », insiste pourtant Simon Delliaux, co-fondateur de Kokpit. Parce que des arguments, il en faut pour se détacher du confort des couches jetables. « Clairement, notre cible ce sont plutôt des personnes qui sont déjà un peu sensibilisées au zéro déchet et à l’environnement », poursuit-il.

« La quantité de déchets générés est réduite au maximum »

Kokpit le reconnaît, les couches lavables sont moins pratiques que les jetables, notamment parce qu’elles demandent de l’entretien. Elles ont néanmoins leurs avantages. « A l’usage, cela revient moins cher et la quantité de déchets générés est réduite au maximum », assure Simon Delliaux. Entre la naissance et l’âge de la propreté, un bébé utilisera environ 5.000 couches, soit une tonne de déchets contre 200 kg avec des couches lavables.

« Le système de location permet aux parents de tester le principe de la couche lavable et de faire sauter les freins psychologique et technique. On propose aussi des ateliers d’accompagnement en ligne pour expliquer le fonctionnement, l’entretien », détaille le co-fondateur de Kokpit. Petite concession au zéro déchet : le voile jetable au fond de la couche pour éviter de mettre les mains dedans. « On pourrait très bien faire sans, mais cela n’irait pas dans le sens de la démocratisation du produit », reconnaît l’entrepreneur.

Lancée l’été dernier, Kokpit a déjà séduit une soixantaine de familles et deux crèches avec son offre de location de couches lavables. En avril prochain, la start-up va tester un nouveau service qui permettra aux parents ou aux structures d’éviter l’étape lavage. Les couches souillées seront récupérées à domicile et échangées contre des propres. En somme, vers l’ubérisation du caca de bébé.