Hauts-de-France : Ces grands projets qui inquiètent les défenseurs de l'environnement

PLANETE De la serre Tropicalia à l’extension de l’aéroport de Lille-Lesquin, plusieurs grands projets sont dénoncés par les défenseurs de l’environnement dans les Hauts-de-France

Gaetane Deljurie
La serre géante Tropicalia doit bientôt voir le jour dans le Pas-de-Calais
La serre géante Tropicalia doit bientôt voir le jour dans le Pas-de-Calais — Tropicalia
  • Avec la fusion des deux ex-régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie en 2015, certains projets voient plus grands dans les Hauts-de-France.
  • De la serre tropicale à l’extension de l’aéroport régional, les projets se multiplient mais le prix à payer n’est pas que financier, il est aussi environnemental.

Le 6 février dernier, une centaine de militants écologistes ont manifesté à Rang-du-Fliers (Pas-de-Calais) contre la construction de la serre tropicale Tropicalia, annoncée comme la plus « grande du monde » avec ses 20.000 m2, ses 35 mètres de haut et son budget de 73 millions d’euros et dont les travaux doivent démarrer cette année. Un « non-sens écologique » pour les défenseurs de l’environnement. Tour d’horizon des autres projets annoncés dans la région qui les inquiètent.

Extension du domaine de la lutte à Lille-Lesquin

Initié avant la pandémie, l’aéroport de Lille-Lesquin poursuit son projet de modernisation prévu d’ici 2024, avec doublement de ses capacités et extension du terminal existant. L’Autorité environnementale a émis un premier avis de cadrage demandant à revoir de nombreux points, concernant la protection de l’air, de l’eau, des sols, et des études plus poussées sur les impacts bruit, climat et biodiversité.

L'extension de l'aéroport de Lille-Lesquin est contestée
L'extension de l'aéroport de Lille-Lesquin est contestée - Aéroport Lille Lesquin / ENIA Architectes

Si Christophe Coulon, président du Syndicat mixte des aéroports de Lille et de Merville, se réjouit que « le bien-fondé de la modernisation n’y soit absolument pas remis en cause », l’association écologiste Virage Energie rappelle que « le trafic de l’aéroport de Lesquin est constitué à 70 % de liaisons intérieures : la modernisation concurrencerait directement les trains à grande vitesse », résume Stéphane Baly, élu vert à Lille. Un peu tâche en plein débat du projet de loi sur le climat.

Le Canal Seine Nord-Europe, le Suez des Hauts-de-France

Ces 106 kilomètres de canal sont destinés à relier les deux réseaux fluviaux de la Seine et des Pays-Bas, pour la modique somme de 5 milliards d’euros, financés par l’Etat, les collectivités territoriales et l’Union européenne. L’objectif, c’est que la marchandise transportée par camion se reporte sur les barges. Sauf que personne n’est d’accord sur les prévisions avancées : pour être rentable, le trafic fluvial devrait être multiplié par 4 d’ici 2060. Et c’est compter la déstabilisation des zones humides et les atteintes à la biodiversité… Livraison prévue en 2030.

Les éoliennes de Dunkerque font face aux vents contraires

Une cinquantaine d’éoliennes de 200 à 300 mètres de haut au large de Dunkerque doivent fournir l’énergie verte au gré des vents. Problème : ces 50 km2 seront situés en pleine zone Natura 2000, qui protège les migrations d’oiseaux et les zones de pêche. L’enquête publique est ouverte. Le vice-premier ministre belge, Vincent van Quickenborne s’est inquiété des conséquences écologiques, au large de ses stations balnéaires. Le problème est d’autant plus épineux que le projet a été initié par EDF, qui pourrait être démantelé sous la pression de la Commission européenne.

Entrepôts géants à Illies-Salomé : peur sur les communes

Au bord de la RN 41, qui relie Lille à La Bassée, la Métropole européenne de Lille fait aménager une grande zone d’activités de 38 hectares. Deux entrepôts de 10 hectares et 6 hectares seront édifiés au grand dam des riverains réunis en association pétitionnaire et des élus des communes d’Herlies et Marquillies qui demandent un moratoire, par peur des nuisances prévisibles. Le trafic attendu dépasserait en effet les 1.400 véhicules par jour, majoritairement des poids lourds. Sans oublier l’impact sur la nappe phréatique, avec l’artificialisation des terres agricoles.