Nord : Yper, le « covoiturage de coffre » pour se faire livrer à domicile

VIS MA VILLE La start-up lilloise Yper a fortement développé son activité de livraison collaborative grâce au confinement

Gilles Durand
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Illustration d'un «shopper» qui s'apprête à livrer des fleurs, à La Madeleine, dans le Nord.
Illustration d'un «shopper» qui s'apprête à livrer des fleurs, à La Madeleine, dans le Nord. — G. Durand / 20 Minutes
  • L’activité de la start-up nordiste Yper consiste à livrer des marchandises pour un ou plusieurs tiers, via une application.
  • En 2020, la société compte 150.000 livreurs collaboratifs baptisés « shoppers » qui ont assuré 400.000 livraisons dans 2.500 villes françaises.

Dans la boutique Oh' les fleurs, un bouquet attend sur une table. Voilà trois ans que ce fleuriste de La Madeleine, près de Lille, travaille avec la start-up nordiste Yper, spécialiste de la « livraison collaborative ». Les fleurs, elles attendent tout simplement Prescila qui doit dépanner une cliente, sur le trajet entre son travail à Lille et son domicile à Roubaix. Ou presque.

Avec la crise sanitaire du Covid-19 et les confinements à répétition, Yper a pris de l’ampleur. L’activité consiste à livrer des marchandises d’un supermarché ou d’un commerce de proximité pour un ou plusieurs tiers, via une application. « Une sorte de covoiturage de coffre, en quelque sorte », résume Cédric Tumminello, cofondateur de l’entreprise qui a vu le jour à Lille, en 2016.

Complément de revenus de 400 euros

Cinq ans, plus tard, elle compte 150.000 livreurs baptisés « shoppers » qui ont assuré 400.000 livraisons dans 2.500 villes françaises, en 2020. Soit une augmentation de 140.000 livraisons par rapport à l’année précédente. « L’effet confinement a beaucoup joué », reconnaît Cédric Tumminello.

Prescila a d’ailleurs commencé à livrer en mars 2020. « J’ai découvert le site par le bouche-à-oreille, raconte cette manageuse chez McDo. J’étais au chômage partiel et j’avais du temps. J’ai commencé par faire une livraison de fleurs à Tourcoing. A partir du mois d’avril, j’ai fait ça régulièrement ». Pour un complément de revenus qui ne peut excéder 400 euros mensuels, afin d’éviter le soupçon de salariat déguisé.

« Je livre le matin avant d’aller travailler ou en fonction de mon trajet entre mon travail et mon domicile », explique-t-elle. Sa mère a également tenté l’expérience. « Elle a arrêté car ça ne rapportait pas assez par rapport au coût du trajet ».

« Rentabiliser son trajet domicile travail »

Car le principe est bien de « rentabiliser son trajet domicile travail et d’établir une collaboration occasionnelle », assure Cédric Tumminello. Un particulier qui commande dans un magasin partenaire demande à se faire livrer. Aussitôt, une proposition est envoyée aux shoppers. Au premier qui répond.

« Le dernier kilomètre de livraison est un secteur en pleine croissance. Les centres-villes sont de plus en plus difficiles d’accès. Lors des cinq premières semaines de 2021, le trafic a augmenté de 20 % chaque semaine », revendique le cofondateur qui a lancé aussi une activité parallèle de livraisons professionnelle à vélo.

Entre 150-160 livraisons par jour

Yann Vanden Schrieck est gérant de quatre magasins de fleurs. Il est le premier commerce de proximité à avoir adhéré au réseau Yper. Pour les petits commerçants comme lui, c’est une aubaine, à l’écouter. « C’était compliqué de gérer les livraisons avec certains sous-traitants. On a découvert ce système qui nous convient parfaitement. Il y a toujours un shopper disponible », souligne-t-il.

Notamment les jours de pics d’activité comme la Fête des mères. « Ce week-end-là, on peut atteindre les 150-160 livraisons par jour », assure le gérant.

La crise sanitaire profite donc à cette entreprise qui prépare une levée de fonds évaluée en millions d’euros. Prochaine étape de développement : l’ouverture sur le click ans collect.