Nord : Quatre anciens dirigeants d’un centre chiite relaxés par la justice

JUSTICE Le centre, implanté à Grande-Synthe et dissous en 2019, était soupçonné de légitimer le djihad selon le gouvernement

20 Minutes avec AFP
La porte d'entrée du centre Zahra, à Grande -Synthe, dans le Nord.
La porte d'entrée du centre Zahra, à Grande -Synthe, dans le Nord. — G. Durand / 20 Minutes
  • Le tribunal de Dunkerque a relaxé ce mercredi quatre anciens dirigeants du centre chiite Zahra.
  • Implantée à Grande-Synthe (Nord), la structure, dissoute en 2019, était soupçonnée de diffuser des messages « légitimant le djihad armé ».

Le tribunal judiciaire de Dunkerque a relaxé ce mercredi quatre ex-dirigeants de l’association chiite «Centre Zahra France» à Grande-Synthe (Nord), soupçonnés d’avoir maintenu l’activité de cette structure légitimant le djihad selon le gouvernement et dissoute en 2019.

Lors de l’audience, le 27 novembre, le parquet avait requis des peines de prison ferme à l’encontre du fondateur du centre Yahia Gouasmi, de son fils et ex-trésorier Bachir Gouasmi et de deux autres anciens dirigeants, Jamel Tahiri et Abdelkrim Khalid, pour avoir continué à organiser « des activités de type prêches ou rencontres prêchées » sur place et sur les réseaux sociaux.

Le centre Zahra avait été dissous en mars 2019

« Nous retrouvons les mêmes personnes se réunissant dans le même lieu avant et après (la dissolution), avec le même matériel de propagande, pour diffuser le même discours », s’était agacé le procureur de Dunkerque, Sébastien Piève.

La défense avait pour sa part contesté le maintien de l’activité, Me Elie Hatem, avocat de Yahia Gouasmi et Jamel Tahiri, dénonçant une politisation de ce dossier due au « lobby sioniste ». Dans le radar des autorités depuis plusieurs années, le centre Zahra avait été dissous en mars 2019. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner l’avait accusé de mener des activités « qui légitiment de façon régulière le djihad armé ».

Visé par une opération antiterroriste en octobre 2018

La dissolution avait ensuite été validée par le tribunal administratif de Lille, qui avait considéré que les messages et les activités du centre relevaient de la glorification de la lutte armée et de la provocation à la haine, « entraînant ainsi le risque de commission d’actes terroristes ». En octobre 2018, les locaux du centre Zahra avaient été visés par une opération antiterroriste, en raison du soutien de ses dirigeants à des organisations terroristes.

Des armes à feu avaient été découvertes lors de perquisitions administratives, menant à la condamnation de Bachir Gouasmi à 18 mois de prison, dont six ferme, pour leur détention illégale. A l’époque, le préfet du Nord avait ordonné la fermeture pour six mois du lieu de culte géré par l’association. Le prédicateur Jamel Tahiri avait pour sa part été condamné fin 2019 à six mois de prison avec sursis pour provocation à la haine antisémite.