Lille : Il reste encore un infime espoir de sauver la chapelle Saint-Joseph de la démolition

PATRIMOINE Un recours devant le conseil d'Etat a été déposé par des défenseurs du patrimoine

Francois Launay

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La destruction de la chapelle Saint-Joseph a débuté
La destruction de la chapelle Saint-Joseph a débuté — Louis-Benoit Greffe / Urgences Patrimoine
  • Construite à la fin du XIXe siècle, la chapelle Saint-Joseph de Lille devrait être démolie dans les prochaines semaines
  • Propriétaire des lieux, le groupe Junia veut y construire à la place un campus universitaire.
  • Inimaginable pour les amoureux du patrimoine qui font tout pour éviter l’issue fatale en déposant un ultime recours devant le conseil d’Etat

L’espoir est minime mais il existe encore. Alors que  la chapelle Saint-Joseph, située en plein cœur du quartier Vauban de Lille, devrait être détruite dans les prochaines semaines, les défenseurs du patrimoine croient encore au miracle.  . Après le rejet d’un référé par le tribunal administratif de Lille début janvier, plus rien ne semblait s’opposer à la destruction de cette chapelle de la fin du XIXe siècle.

A sa place, un grand campus universitaire doit être construit par le groupe Junia qui réunit trois écoles d’ingénieurs. La démolition de l’édifice a d’ailleurs débuté avec le retrait des vitraux de l’édifice religieux.

Un mécène a permis d’aller devant le conseil d’Etat

Mais entre-temps, l’association Urgences Patrimoine, qui se bat depuis des mois pour empêcher la destruction de la chapelle, a décidé d’aller au bout du combat judiciaire en se pourvoyant en cassation. Grâce à un généreux mécène touché par cette histoire. « C’est quelqu’un qui a lu un article sur le sujet et qui m’a contacté directement. Il m’a dit qu’il finançait les frais d’avocat pour aller en cassation. Il a voulu donner une chance supplémentaire à la chapelle de rester debout », raconte Alexandra Sobczak, présidente fondatrice d’Urgences Patrimoine.

Sauf que le temps presse car le recours devant le conseil d’Etat n’est pas suspensif. Et les pelleteuses devraient rapidement commencer la démolition du bâtiment. Sur le papier, la bataille du pot de terre contre le pot de fer semble perdue d’avance. Mais, même en cas d’issue négative, la destruction de la chapelle pourrait avoir le mérite de sensibiliser les gens à la sauvegarde du patrimoine.

Une destruction en forme de prise de conscience ?

« Si la chapelle tombe, ça permettra peut-être de sauver autre chose. Cette chapelle pourrait servir de mauvais exemple. Sa disparition sera peut-être un atout pour l’avenir du patrimoine. Quand les images de sa démolition tourneront en boucle sur les réseaux sociaux, je pense qu’il se passera quelque chose dans la tête des gens », estime Alexandra Sobczak qui en veut encore à Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, d’avoir refusé en novembre le classement de la chapelle au rang des monuments historiques. Une action qui aurait permis d’éviter la destruction programmée de l’édifice religieux. Au grand dam des amoureux du patrimoine qui se raccrochent désormais à un improbable miracle.