Coronavirus à Lille : Des photos d’Euralille bondé choquent les internautes

RESEAUX SOCIAUX Pour le premier week-end des soldes d’hiver, le centre commercial Euralille a largement fait le plein de clients

Mikaël Libert

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Les allées bondées d'Euralille au 1er jour des soldes d'hiver.
Les allées bondées d'Euralille au 1er jour des soldes d'hiver. — Twitter
  • La foule avait fait le déplacement à Lille pour le premier samedi des soldes d’hiver.
  • Des photos d’un centre commercial bondé ont fait réagir sur les réseaux sociaux.
  • Davantage que le centre commercial, c’est la logique du gouvernement qui est dénoncée.

Soldes d’hiver et contre tout. Pour ce premier week-end des soldes d’hiver, il y avait foule dans le centre-ville de Lille. Dans les rues, mais aussi dans les centres commerciaux. C’était notamment le cas à Euralille, à tel point que l’affluence de samedi commence à faire parler sur les réseaux sociaux.

Si les soldes d’hiver ont officiellement été ouvertes mercredi, l’instauration du couvre-feu à 18h a empêché de nombreux clients d’y participer au cours de la semaine. Du coup, c’était la foule des grands jours qui s’est précipitée dans le centre-ville de Lille, samedi, pour aller gratter de la bonne affaire. 20 Minutes a pu constater de nombreuses files d’attente devant beaucoup de boutiques, malgré le froid et une pluie fort désagréable. C’est là que les centres commerciaux se sont démarqués, offrant la possibilité de shopper au chaud et au sec.

« Évidemment qu’ils se foutent de nous »

Tant et si bien qu’ils ont été pris d’assaut. Sur Twitter ont été publiées des photos de la foule piétinant dans les allées d’Euralille. Ces images impressionnantes, au regard de l’épidémie de coronavirus, ont suscité des réactions de la part des internautes choqués. « On accuse les restaurants de faire circuler le virus, mais à #Euralille il circule moins apparemment » ; « Évidemment qu’ils se foutent de nous » ; « Manger au restaurant occasionne plus de risques que de faire les soldes dans cette cohue ? », peut-on notamment lire.

A la sortie du second confinement, les photos d’une file d’attente immense devant le magasin Primark, dans la galerie d’Euralille, avaient aussi fait débat. Le 1er décembre, le préfet du Nord avait d’ailleurs mis en demeure Westfield Euralille « de répondre aux exigences de distanciation sociale et de respect des gestes barrières dans les files d’attente du centre commercial et de ses abords ». Ce qui a été fait, du moins à l’entrée du centre commercial. Les règles pour la réouverture des commerces après le second confinement imposent une jauge correspondant à 8 m2 par client. Avec ses 66.500 m2, Euralille peut donc accueillir 8.312 personnes, hors personnel.

Pour autant, ce n’est pas le centre commercial qui est la cible des critiques des internautes, mais plutôt le gouvernement. « On ne peut pas aller dans un stade de 50.000 places en plein air #LOSC mais pas de problème pour s’entasser comme des sardines à #EuraLille », regrette un internaute. « Pas question d’ouvrir les remontées mécaniques pour février par contre très beau brassage de population ce samedi au centre commercial lillois », déplore un autre. « Et les restaurants, bars et salles de sport restent fermés et tout va bien ! », peut-on encore lire.

Petite visite surprise de la préfecture ce dimanche

Une stratégie de lutte contre l’épidémie de coronavirus dont la logique échappe à ces internautes. L’un d’eux n’hésite d’ailleurs pas à faire le rapprochement entre les allées bondées du centre commercial et l'annonce faite par le JDD d’un « reconfinement imminent ».

Conséquence, le directeur de cabinet du préfet du Nord, Richard Smith, y est allé de son petit tour très officiel dans les allées d’Euralille, ce dimanche. Il souhaitait « s’assurer que les mesures sanitaires étaient bien respectées », a écrit sur Twitter le préfet. Logiquement, comme l’affluence du dimanche était largement moindre que celle de la veille, « aucun manquement n’a été constaté lors de son déplacement », a répondu la préfecture, sollicitée par 20 Minutes. Pour autant, « des mesures complémentaires de gestion des flux ont été demandées à l’exploitant dans le contexte des week-ends de forte affluence », nous a-t-il été précisé.