Coronavirus à Lille : Les étudiants boudent les mesures de soutien psychologique mises en place

RESTRICTIONS Un rassemblement a été organisé devant le siège de l’université de Lille pour demander la réouverture des facs face à la détresse des étudiants

Mikaël Libert

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Faible mobilisation des étudiants devant le siège de l'Université de Lille.
Faible mobilisation des étudiants devant le siège de l'Université de Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • La crise du coronavirus a fait grandir le sentiment de détresse des étudiants.
  • Quelques dispositifs de soutien psychologiques existent, sauf que les chiffres explosent avec 37 % des plus de 18 ans se déclarant en dépression.
  • Lors d’un rassemblement d’étudiants à Lille, mercredi, la seule solution envisagée était la réouverture des facs.

Davantage de fantômes que d’étudiants à Lille. Ce mercredi, moins d’une centaine d’étudiants se sont rassemblés sous les fenêtres du siège de l’université de Lille. Une faible mobilisation qui, pour certains, est peut-être symptomatique de la détresse dans laquelle la crise du coronavirus a plongé de nombreux jeunes en études universitaires. Pour les manifestants, si des mesures de soutien psychologique existent, la seule solution demeure néanmoins la réouverture des facs.

Depuis le mois de mars dernier, en raison des mesures sanitaires et des confinements successifs, les étudiants n’ont pas passé beaucoup de temps sur les bancs des amphis. Entre des séances de visio à rallonge, des cours en vidéo et du bachotage dans le canap au lieu de la bibliothèque, la santé mentale des jeunes en études supérieures en a pris un coup. Une détresse psychologique menant parfois à la dépression, voire au suicide. « Lorsque les cours en visio se terminent, on se retrouve face à la solitude et la précarité », témoigne David, étudiant en première année de sciences politiques.

« A force de ne plus se voir, on ne se connaît plus »

Lignes d’écoute, consultations en ligne ou sur rendez-vous sont notamment des dispositifs mis en place pour venir en aide aux jeunes en détresse. « Il y a une intention, un effort des profs et de l’administration, mais ça n’est pas convaincant », insiste Adrien, 25 ans, en L1 de philo. Clothilde, étudiante en sociologie quantitative, avoue pleurer parfois seule dans sa chambre : « A force de ne plus se voir, on ne se connaît plus avec les amis de début d’année », lâche-t-elle.

Pour autant, Clothilde se refuse à appeler à l’aide : « Déjà, il faut admettre que l’on ne va pas bien. Et les lignes d’écoute, ça reste de l’artificiel », explique la jeune femme de 19 ans. Adrien aussi est dubitatif sur les mesures de soutien psychologique : « L’entraide existe déjà beaucoup entre les étudiants, via les réseaux sociaux ou les groupes », assure-t-il. « La personne qui se sent le plus abandonnée, malgré tout ce qui est mis en place, elle reste seule », constate Charlotte, étudiante en philo.

Le problème, c’est donc bien le distanciel. Que ce soit pour les cours ou pour se faire aider. « Il nous faut du lien social, martèle Adrien. En allant à la fac, dans les bars ou les lieux culturels ». Pour eux, le « il va falloir encore tenir », écrit par le président de la République à une étudiante de Strasbourg, est impensable. « Il faut un plan d’urgence de réouverture des facs avec des moyens pour recruter du personnel, dont des psychologues », lui répond Alice, 20 ans, étudiante à Sciences Po Lille.