Hauts-de-France : Une voiture à un euro pour « donner un coup de pouce » aux jeunes embauchés

MOBILITE La région Hauts-de-France met à disposition une partie de son parc automobile pour « faciliter l’accès à l’emploi »

Gilles Durand

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Illustration d'un dispositif «En route pour l'emploi» de la région Hauts-de-France.
Illustration d'un dispositif «En route pour l'emploi» de la région Hauts-de-France. — Gile Michel / SIPA
  • Un dispositif de la région Hauts-de-France permet aux jeunes embauchés de bénéficier d’une location de voiture à un euro par jour.
  • Les véhicules loués font partie du parc automobile du conseil régional.
  • Cette location est limitée à certaines conditions et sa durée ne peut excéder deux mois.

« Sans cette aide, je n’aurais pas pu accepter ce contrat ». Tom reconnaît qu’il a eu de la chance. C’est son organisme de formation qui lui a signalé l’existence d’un dispositif made in Hauts-de-France, à savoir la location de voiture à un euro par jour pour les jeunes embauchés. Il doit récupérer le véhicule, ce lundi.

Cette idée de location à bas coût a été mise en place en janvier 2017 par la région « pour faciliter l’accès à l’emploi ». A l’époque, le service coûtait 2 euros par jour. Il vient de passer à 1 euro, en décembre. « Ça peut paraître symbolique, mais une économie de 30 euros par mois, c’est beaucoup pour certains », souligne-t-on au conseil régional. D’autant que la location est désormais ouverte aussi aux contrats d’apprentissage ou d’alternance.

Voitures de la région à disposition

« Le lancement du dispositif "En route pour l’emploi" est né d’un constat, souligne la région. Avec la fusion entre le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, le parc de véhicules devenait trop important par rapport au nombre d’agents. Le président Xavier Bertrand a décidé de mettre ces voitures à disposition des personnes qui en ont besoin dans le cadre du travail. »

Cette location est donc limitée à certaines conditions et la durée est limitée à deux mois maximum. « Le principe c’est de donner un coup de pouce quand on trouve un emploi et qu’on n’a pas les moyens d’acheter une voiture », note le cabinet de Xavier Bertrand.

« Et sans voiture, c’est trop difficile de trouver du boulot », témoigne Tom qui commence un contrat d’apprentissage, mais à 40 km de chez lui. A 26 ans, cet habitant d’Hénin-Beaumont vient tout juste de passer le permis de conduire et ne pourra envisager l’achat d’une voiture d’occasion qu’avec ses premiers salaires.

« Impossible d’obtenir un prêt »

Avec la petite Golf qu’il a récupérée en début d’année, la vie de Grégoire a également changé. A 23 ans, ce jeune chauffeur routier d’Arras, dans le Pas-de-Calais, vient d’être recruté chez un transporteur à Monchy-le-Preux, un petit village du Pas-de-Calais où les transports en commun sont quasi inexistants. « En plus, je travaille tôt le matin », explique-t-il à 20 Minutes.

Jusqu’alors, il lui arrivait de faire les 10 km entre son lieu de travail et son domicile à pied. « J’ai dû me séparer de ma voiture car il y avait trop de frais de réparation et, sans salaire, je n’avais pas les moyens d’en racheter une. Maintenant, j’ai deux mois pour le faire », confie-t-il.

A Dunkerque, Cindy a pu aussi bénéficier, fin décembre, de cette aide à la mobilité. Monitrice éducatrice pour personnes handicapées, elle vient de trouver un job à La Chapelle d’Armentières, à 70 km de son domicile. Aucun train aux horaires où elle travaille. « Et pendant la période d’essai, impossible d’obtenir un prêt pour acheter une voiture », précise-t-elle.

« Des clés sont remises une à deux fois par semaine »

C’est sa petite sœur qui l’a aiguillée sur la région. « J’ai appelé et ça s’est fait très vite », explique la Dunkerquoise de 38 ans qui n’aura plus besoin d’emprunter la voiture de sa sœur.

Ce sont ainsi 80 véhicules de la flotte du conseil régional, mais aussi du département du Nord et de concessionnaires partenaires, qui sont disponibles. Combien de personnes ont déjà bénéficié de ce service en quatre ans ? « Des clés sont remises une à deux fois par semaine », répond la région, sans toutefois citer de chiffres précis. Seul inconvénient, à en croire les heureux locataires, il manque parfois un autoradio.