Un an de prison requis contre le cafetier valenciennois

LILLE Julien Verhaegen, 28 ans, se tient très droit, dans son petit blouson de cuir noir, cheveux coupés très mode, à la brosse. Et les yeux rougis de larmes...

Stéphanie Maurice

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Hier, le tribunal correctionnel de Valenciennes a requis un an de prison ferme à son encontre pour «homicide involontaire».

Le contexte? Un pari stupide résumé ainsi par l'un des avocats de la défense : «Cap, pas cap? Cul-sec!» «Moi, je peux boire n'importe quoi», s'est vanté Laurent, 35 ans, au café de la Mairie, le 6 novembre 2008, à La Sentinelle, près de Valenciennes. Il est avec deux potes, stagiaires carreleurs comme lui. Julien lui sert - «par provocation», insiste le procureur - un verre à bière, 25 cl, rempli de genièvre. Cul-sec. «T'as rien de plus fort?», fanfaronne la victime.

Le patron ressert une deuxième pinte, de calvados, puis une troisième de vodka. Cul-sec à chaque fois. Laurent s'écroule, ses copains le ramènent dans sa chambre, à l'internat de l'Afpa, le couchent. Damien, qui le connaît le mieux, le veille, de 21 h à 23 h. Laurent ronfle, croit-il. En fait, il est en détresse respiratoire. A l'autopsie, il lui restait plus de 5 g d'alcool dans le sang.

Les deux amis sont là, à la barre, mis en examen pour «non-assistance à personne en danger». Le procureur requiert douze et dix-huit mois de sursis parce qu'ils n'ont pas appelé les secours. Ils ne sourcillent pas, drapés dans leurs vêtements d'hiver. Pas fiers, voix inaudibles, tristes surtout.

«Je voudrais m'excuser auprès de la famille de la victime», dit, ému, Julien Verhaegen. Dans la salle comble, une jeune fille éclate en sanglots. Le tribunal correctionnel a prévu de faire connaître son jugement le 19 février prochain.