Le vélo va faire un tabac

Vincent Vantighem

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Pour l'instant, c'est encore le royaume des lapins et des souris. Ça ne le sera bientôt plus. Les cinq premiers salariés de Décathlon ont pris position dans l'ancienne usine Altadis entre Fives et Hellemmes. Après avoir vu défiler des tonnes de cigarettes pendant plus de quarante ans, les bâtiments immenses voient désormais défiler les rayons des premiers vélos Décathlon.

Tout un symbole : c'est dans l'ancien local du comité d'entreprise que les premiers salariés ont posé leurs valises. « Ça fait bizarre de se retrouver ici, lâche Adrien en vérifiant la tension des rayons d'un VTT. C'est vraiment immense ici. » Dans le couloir, quelques posters jaunis vantent encore les vertus des Gauloises.

« De la cigarette au sport, c'est une belle transition », rigole Patrick Malardier, ingénieur de production. En tout cas, c'est un bon point pour Hélène. A côté d'une machine qui crache doucement des pneus en série, l'ouvrière avoue sa fierté d'avoir été choisie. « Surtout qu'avant, j'étais au chômage », explique-t-elle sans quitter son travail des yeux.

« Cette première unité préfigure les lignes de production qui seront installées quand l'usine sera totalement prête », annonce Pascal Bizard, responsable de la division mécanique. A terme, les quatre-vingts éléments qui composent un vélo seront, en effet, tous assemblés sur ce site de dix-huit hectares. Il devrait rouvrir ses portes en septembre 2010. ■