Nord : Une ONG dénonce des contrôles au faciès d’exilés à Grande-Synthe

MIGRANTS Human Rights Observers a constaté que la police interdisait l’accès d’un centre commercial à des groupes de migrants

Mikaël Libert

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Illustration d'un CRS.
Illustration d'un CRS. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Plusieurs exilés ont été empêchés d’accéder à un centre commercial près de Dunkerque par des policiers.
  • Une ONG dénonce des contrôles discriminatoires « au faciès » effectués par les agents.
  • Les autorités confirment les contrôles mais réfutent qu’ils aient été effectués « au faciès ».

Délit de faciès ? Vendredi, à Grande-Synthe, près de Dunkerque, dans le Nord, plusieurs migrants se sont vu refuser l’entrée du centre commercial Auchan par la police. Présents sur place, des bénévoles de l’ONG Human Rights Observers (HRO) ont dénoncé des « contrôles au faciès » de la part des forces de l’ordre.

Vendredi, en fin d’après-midi, des effectifs de police diligentaient des contrôles d’identité aux abords du centre commercial Aushopping, à Grande-Synthe. Les forces de l’ordre agissaient sur commission rogatoire du procureur de la République de Dunkerque. Pour autant, la motivation de ces contrôles n’a pas été précisée par le parquet, sollicité par 20 Minutes. Entre 17h et 18h30, les membres de plusieurs ONG et associations d’aide aux exilés, dont HRO, ont accompagné des groupes de migrants pour qu’ils aillent s’acheter à manger dans le centre commercial.

« Moi je viens de rentrer et on ne m’a pas contrôlée »

« Des agents de CRS ont procédé à des contrôles d’identité totalement discriminatoires, et qui ont mené à empêcher l’accès dans l’enceinte du centre commercial d’Auchan aux personnes identifiées par les agents comme des personnes exilées », affirme Human Rights Observers. Outre les témoignages de ses bénévoles, l’ONG a publié sur Twitter plusieurs vidéos montrant effectivement les exilés refoulés de l’entrée du magasin.

Toujours selon HRO, les personnes « de type caucasien » pouvaient accéder librement au centre commercial sans même être contrôlées. « Pourquoi ils se font contrôler ? Parce que moi je viens de rentrer et on ne m’a pas contrôlée », a demandé une bénévole à l’un des policiers. « On avait été prévenus », a répondu un agent avant qu’un autre demande ses papiers à la bénévole.

Des membres de la police nationale manifestent face à l'Arc de Triomphe, à Paris, pour protester contre les propos d'Emmanuel Macron sur les contrôles au faciès, lundi 14 décembre
Des membres de la police nationale manifestent face à l'Arc de Triomphe, à Paris, pour protester contre les propos d'Emmanuel Macron sur les contrôles au faciès, lundi 14 décembre - AFP

« Il y a bien eu une opération de contrôle d’identité vendredi à 18H30 […] dans le strict respect » du code de procédure pénale et « en aucun cas les forces de sécurité intérieure ne procèdent à des ''contrôles au faciès'', qui sont illégaux », a affirmé la préfecture à l’AFP. De son côté, HRO assure vouloir interpeller le procureur de Dunkerque et le préfet du Nord « au plus vite » et déclare son intention de saisir l’IGPN (police des polices) et le Défenseur des droits.