Coronavirus à Lille : Privés de scènes, les magiciens passent aux spectacles en visio

MAGIE Pour continuer à se produire devant un public, les magiciens sont passés derrière l’écran

Francois Launay

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Les magiciens passent de la scène à l'écran
Les magiciens passent de la scène à l'écran — Tom Coss
  • Privés de scène à cause du coronavirus, les magiciens ont dû d’adapter.
  • Certains sont passés de la scène à l’écran pour continuer leurs tours de magie devant un public.
  • Des spectacles virtuels créés pour l’occasion mais qui ne compensent pas la perte financière liée au Covid-19.

L’imagination a toujours fait partie de leur métier. Alors quand la crise sanitaire a empêché les magiciens de monter sur scène, ils ont bien dû s’adapter. Plutôt que d’attendre la réouverture des salles de spectacle, certains n’ont pas hésité à faire vibrer leur public à distance. Exemple avec le Nordiste Tom Coss, magicien professionnel depuis quatre ans, qui s’est réinventé avec le Covid-19.

« Lors du premier confinement, j’ai vu mes spectacles s’annuler les uns après les autres. Du coup, j’ai fait plusieurs tests avant de monter un spectacle de magie à distance. Au début, ça ne fonctionnait pas mais j’ai persévéré et j’ai réussi à faire des tours à distance. J’ai testé ça auprès de ma famille, sur des sites de live avant. Et c’est comme ça que j’ai décidé d’investir dans un studio avec des bonnes lumières, un décor et une bonne connexion. Et je me suis lancé. »

Une interactivité poussée au maximum

Depuis début novembre, Tom Coss propose à distance des spectacles de magie de 45 minutes. Avec un mot d’ordre : l’interactivité poussée au maximum. « Pour que ça marche, il faut que le spectateur soit acteur du spectacle. S’il regarde juste une vidéo de magie, il peut le faire sur YouTube. Là, il faut qu’il soit derrière son ordinateur avec plein d’objets qui lui permettent de participer directement au spectacle », raconte le magicien.

Même avis chez Andy Verhaeghe. Ce magicien nordiste plus connu sous son nom de scène du Joker Dandy s’est aussi mis au virtuel avec ses spectacles mêlant magie et mentalisme. « C’est très participatif. Toutes les personnes connectées vont faire des choses au même moment. Par exemple, je leur fais se rendre compte qu’elles peuvent se faire des tours à elles-mêmes. »

Un gros manque à gagner malgré tout

Sollicités par les entreprises et des particuliers, les deux magiciens commencent à s’habituer à ce nouveau format. Tom Coss a même créé des sessions individuelles et gratuites à destination des enfants malades du CHR de Lille. De son côté, le Joker Dandy propose des places à 13 euros à destination du grand public pour quatre dates d’un spectacle live de trente minutes mêlé à un atelier de vingt minutes où le magicien apprend des tours à ses spectateurs virtuels.

De quoi limiter la casse dans un contexte économique déprimant. « Ça ne remplace pas la scène. Par rapport à décembre 2019, mes revenus ont été divisés par 10. Pour les magiciens, le mois de décembre équivaut au Saint-Graal. La visio ne comblera jamais ce manque à gagner », reconnaît Andy Verhaeghe.

Mais les deux hommes sont d’accord sur un point : ils continueront de se produire à distance même après un retour dans les salles attendu avec impatience.