Hauts-de-France : Pourquoi les indices de qualité de l’air vont « se dégrader alors que le niveau de pollution sera le même »

ENVIRONNEMENT Le nouvel indice de la qualité de l’air, mis en place ce lundi, ne va pas provoquer davantage de pics de pollution dans les Hauts-de-France

Gilles Durand

— 

Illustration d'un pic de pollution atmosphérique.
Illustration d'un pic de pollution atmosphérique. — V. Wartner / 20 Minutes
  • Le nouvel indice de l’air, instauré dans chaque région, prend désormais en compte les PM 2,5, ces particules très fines, particulièrement nocives pour la santé.
  • Ce changement d’échelle risque de se remarquer dans les Hauts-de-France, très concernés par la pollution aux particules très fines.
  • Néanmoins, la réglementation sur les pics de pollution reste la même.

C’était une pollution qui passait inaperçu. A partir de ce lundi, le nouvel indice de l’air, instauré dans chaque région, prend désormais en compte les PM 2,5, ces particules invisibles à l’œil nu (inférieures à 2,5 micromètres), particulièrement nocives pour la santé. Ce changement d’échelle risque de se remarquer dans les Hauts-de-France, mais paradoxalement, il ne va rien changer concernant les mesures d’alerte à la pollution.

Des particules moins signalées jusqu’à présent

Jusqu’alors, le site Atmo, qui mesure quotidiennement les niveaux régionaux de pollution, se basait sur quatre polluants : le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote, l’ozone et les particules fines PM 10, dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (µm). Désormais, les PM 2,5 (inférieur à 2,5 µm) seront également prises en compte dans les calculs journaliers.

Ces particules, très fines, sont plus nocives car elles peuvent se glisser plus loin dans l’organisme. D’où les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de ne pas dépasser trois jours par an, au-dessus du seuil de 25 µg dans l’atmosphère. Or, dans la métropole lilloise, le seuil est dépassé une cinquantaine de jours par an sans que cette donnée ne soit prise en compte. Ce sera désormais le cas, provoquant automatiquement une plongée des indices vers le bas.

Les Hauts-de-France particulièrement concernés

« Il ne faudra donc pas s’étonner de voir les indices de qualité de l’air se dégrader alors que le niveau de pollution sera le même », précise Atmo. En effet, la région des Hauts-de-France, et surtout la métropole de Lille, sont particulièrement touchées par la présence des PM 2,5.

Lors d’une étude menée en 2015, Atmo avait constaté que ces particules étaient davantage liées au chauffage (41 %) que les PM10 (27 %). « Or, la météo fait qu’on chauffe les habitations davantage que dans d’autres régions », note Atmo. S’ajoute le fait que de nombreux bâtiments continuent à souffrir de problèmes d’isolation. Réduire ces particules relève donc du casse-tête.

Toujours aucun seuil réglementaire

Mais mesurer la pollution ne signifie pas « prendre des mesures ». Ainsi, contrairement aux PM 10, il n’existe toujours aucun seuil réglementaire concernant ces PM2,5. Cette contradiction signifie que, malgré une qualité de l’air mauvaise à cause des PM 2,5, il n’y aura pas davantage de pics de pollution déclenchés par la préfecture.

L’indice de l’air s’est adapté aux normes européennes, pas la législation française. Pour les particuliers, ce nouvel indice de l’air ne sera donc pas synonyme de restrictions de circulation plus nombreuses. Jusqu’à nouvel ordre.