Le premier whisky « made in Pas-de-Calais » vient d’être commercialisé

ALCOOL Le whisky Artesia est fabriqué dans une distillerie d’Aix-Noulette

Gaëtane Deljurie
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Le whisky est vieilli dans des tonneaux
Le whisky est vieilli dans des tonneaux — TOS Distillerie
  • A Aix-Noulette, la brasserie Page 24 a décidé de se lancer dans la fabrication d'un whisky. 
  • La distillation est faite avec des produits régionaux. 
  • Le succès est au rendez-vous avec la vente de plus de 1.200 bouteilles en quelques jours. 

L’Ecosse n’a qu’à bien se tenir ! Le premier whisky « made in Pas-de-Calais » vient d’être commercialisé. Il a été mis en bouteille à la distillerie TOS dont les fondateurs, les frères Vincent et Stéphane Bogaert et Hervé Descamps, sont les créateurs de la brasserie Saint-Germain à Aix-Noulette, près de Lens, qui a donné naissance à la bière Page 24.

Pourquoi TOS ? Pour The Other Side, car à l’origine la distillerie de whisky devait se trouver juste en face de l’actuelle brasserie… Mais l’esprit est le même : ici, on mise au maximum sur le local. Le moult vient directement de la brasserie. Tout comme les orges issues du Nord-Pas-de-Calais et maltées dans la région. D’où le nom de whisky : Artésia.

54,90 euros la bouteille

« Les 1.287 bouteilles du premier whisky ont été mises en vente à 54,90 euros la bouteille jeudi dernier à 14 h : tout a été vendu en quelques jours », se réjouit Katy Gravina, distillatrice de ce (fort) breuvage. « Nous sommes en train d’étiqueter le deuxième lot, qui compte 1560 bouteilles mais les trois quarts sont déjà réservées ». La troisième cuvée devrait pouvoir être embouteillée vers le 20 janvier.

Face à ce succès, impossible d’en fabriquer là tout de suite plus car le whisky repose d’abord six à huit mois dans des barriques neuves avant de vieillir minimum trois ans dans des barriques de bourbon qui, elles, n’auront servi qu’une fois. Pour les amateurs, TOS Distillerie propose également un gin de France et genièvre de grains.

Rachat d’une emblématique distillerie de genièvre

Très attachée au patrimoine régional, la Brasserie Saint-Germain a racheté en fin d’année dernière le fonds de commerce de l’emblématique distillerie Claeyssens de Wambrechies, qui elle aussi s’était lancée en 1998 dans la fabrication de whisky. L’idée était de diversifier l’activité, pour ne plus dépendre du seul genièvre de Wambrechies dans le Nord, aujourd’hui un peu passé de mode.

TOS Distillerie avait la ferme intention de ne pas laisser périr cet alcool labellisé Flandre-Artois indissociable de la « bistouille » mais surtout de continuer à y distiller du whisky. Mais ça, c’était avant que le Covid-19 ne passe par là. Au vu du succès des premières bouteilles de whisky made in Pas-de-Calais, l’alambic pourrait y distiller bientôt un whisky cette fois-ci 100 % Nordiste ?