Des chercheurs de l'université de Lille vont plancher sur l’origine du système solaire

RECHERCHE Un laboratoire de recherche de l’université de Lille a été choisi pour étudier les échantillons d’un astéroïde rapporté par la mission spatiale Hayabusa 2

Gilles Durand

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La surface de l'astéroïde Ruygu.
La surface de l'astéroïde Ruygu. — Université de Lille
  • La mission spatiale japonaise Hayabusa 2 a rapporté, dimanche, lors de son retour sur terre, des échantillons d’un astéroïde.
  • La communauté scientifique espère mieux comprendre le système solaire grâce aux échantillons de cet astéroïde carboné.
  • Une équipe de chercheurs lillois est associée à cette recherche scientifique de grande ampleur.

Des révélations sur la création et l’évolution de notre galaxie ? La communauté scientifique espère mieux comprendre le système solaire grâce aux échantillons de l'astéroïde carboné Ryugu, rapporté par la mission spatiale japonaise Hayabusa 2, de retour sur terre depuis dimanche.

Au sein du consortium international d’environ 200 experts mobilisés sur le sujet, des chercheurs lillois vont participer à l’étude détaillée de ces échantillons « susceptibles d’avoir préservé des matériaux primitifs témoins de l’état de la matière lors de la formation du système solaire il y a 4,5 milliards d’années », souligne l’université de Lille, dans un communiqué.

Grâce à un puissant microscope électronique

Il s’agit d’une équipe dirigée par Hugues Leroux à l’Unité Matériaux et Transformations (UMET). Ce laboratoire lillois est chargé de la caractérisation micro-structurale des échantillons grâce notamment à un puissant microscope électronique. « Nous avions déjà travaillé sur les échantillons d’une comète de la mission Stardust de la Nasa entre 2006 et 2012 », souligne Hugues Leroux à 20 Minutes.

Ce projet de recherche, baptisé TEM-Aster, est soutenu à hauteur d’un million d’euros par la fondation I-Site Ulne et la métropole de Lille. Il doit débuter en octobre 2021, « le temps de faire des réglages optimaux à des échelles très petites sur nos appareils et que les scientifiques japonais préparent les échantillons », précise Hugues Leroux.

Résoudre des énigmes

Les résultats de cette étude permettront, peut-être, de résoudre une partie des énigmes concernant le transport de l’eau dans le système solaire et la complexification de la matière organique. « C’est une opportunité énorme de nouvelles découvertes », glisse Hugues Leroux qui précise que les premiers résultats lillois ne seront pas connus avant mars 2022.

Par ailleurs, le développement des microscopes, configurés au maximum de leurs possibilités, pourra également servir à l’étude d’autres matériaux sensibles « dans des champs disciplinaires très divers, allant des matériaux pharmaceutiques aux polymères et aérosols, en passant par les matériaux pour l’énergie ou les nanoréacteurs », note l’université.

A noter que le Learning center Lilliad, installé sur le campus scientifique de Villeneuve d’Ascq, proposera, à l’automne 2021, une exposition et des conférences pour mieux comprendre les enjeux de ces recherches.