Hauts-de-France : Une dizaine de rapaces cibles de tirs depuis l’ouverture de la chasse

FAUNE Protégés par la loi, les rapaces sont pourtant régulièrement retrouvés criblés de plomb dans la région

Mikaël Libert

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Une buse a été retrouvée blessée par des plombs de chasse dans une zone protégée (illustration).
Une buse a été retrouvée blessée par des plombs de chasse dans une zone protégée (illustration). — Brais Seara Fernandez / SIPA
  • Une buse variable a été retrouvée blessée par des plombs de chasse dans le Pas-de-Calais.
  • Depuis septembre, 13 oiseaux protégés, parmi lesquels 11 rapaces, ont été la cible de tirs dans les Hauts-de-France.
  • Une plainte a été déposée par la Ligue de protection des oiseaux.

Dimanche dernier, un rapace a été retrouvé blessé par un promeneur du côté de Clairmarais, près de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais. Selon la Ligue protectrice des oiseaux (LPO), il ne fait aucun doute que l’animal a été victime d’un tir de plombs de chasse. Volontaire ou accidentel, impossible à dire. Toujours est-il que ce n’est pas la première fois qu’un rapace, espèce protégée, est abattu pendant la période d’ouverture de la chasse dans la région des hauts-de-France.

La dernière victime en date est donc une buse variable, qui, à l’instar de tous les rapaces, est protégée par la loi. C’est un promeneur qui a découvert l’animal, blessé à une aile, dans le secteur des marais de Clairmarais, zone appartenant au parc régional des Caps et marais d’Opale. « Ce promeneur a emmené l’oiseau chez un de nos vétérinaires partenaires. La radio effectuée ne laisse aucune place au doute, l’aile de l’oiseau était criblée de plombs de chasse », assure une bénévole de la LPO du Pas-de-Calais à 20 Minutes.

Une dizaine de rapaces victimes de tirs

Le rapace a pu être soigné par le vétérinaire. Il a ensuite été confié au centre de soins de la faune sauvage de la LPA de Calais où il devra rester pour une longue convalescence. « Il n’est pas tiré d’affaire pour autant, beaucoup d’oiseaux supportent mal la captivité », regrette la bénévole.

Affaire isolée ? Pas vraiment. Selon la LPO, cette buse est le treizième oiseau d’une espèce protégée qui est découvert plombé dans la région depuis l’ouverture de la chasse, en septembre dernier. « Sans compter tous ceux que l’on ne retrouve pas », insiste l’association. Parmi ces oiseaux, 11 sont des rapaces : « Des buses, beaucoup de faucons. En octobre, c’est même un balbuzard pêcheur qui a été tiré dans le marais audomarois », déplore la LPO.

Les rapaces, bêtes noires des chasseurs

« Si l’on met en cause les chasseurs, on va encore avoir des ennuis. Mais qui d’autre se balade avec un fusil ? », insiste la bénévole. Pour elle, les rapaces sont la bête noire des chasseurs : « Ils sont considérés comme de la concurrence pour certains gibiers comme les faisans », explique-t-elle. Et la thèse de l’accident, la LPO n’y croit pas non plus, assurant qu’il n’est pas possible de confondre un rapace avec un pigeon ou un autre oiseau.

Pour tâcher de retrouver l’auteur du tir contre la buse, la LPO a déposé une plainte contre X auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer. Si la procédure était systématique par le passé, elle est devenue plus ciblée ces dernières années. « Il faut que les plaintes soient très étayées. Que le lieu où l’oiseau a été tiré soit identifié et que celui qui l’a découvert accepte de témoigner », détaille la LPO tout en reconnaissant que les coupables n’étaient quasiment jamais retrouvés.