Coronavirus dans le Nord : L’usine GSK commence déjà à fabriquer l’adjuvant des futurs vaccins anti-Covid

SANTE L’adjuvant destiné à renforcer l’efficacité de certains des futurs vaccins anti-Covid se fabrique dans une usine de GSK à Saint-Amand-les-Eaux, dans le nord de la France

20 Minutes avec AFP

— 

L'usine de GSK, à Saint-Amand-les-Eaux, où est fabriqué l'adjuvant de futurs vaccins anti-Covid.
L'usine de GSK, à Saint-Amand-les-Eaux, où est fabriqué l'adjuvant de futurs vaccins anti-Covid. — François Lo Presti / AFP

Aucun vaccin anti-Covid n’est encore officiellement autorisé sur le continent européen. Pourtant, la société GSK a annoncé, vendredi, avoir déjà lancé, la fabrication de l’adjuvant destiné à renforcer l’efficacité de ces futurs vaccins.

C’est dans une petite pièce au cœur d’une usine de GSK à Saint-Amand-les-Eaux, entre Lille et Valenciennes, qu’il va être fabriqué, entre de grandes cuves en acier, des tuyaux d’alimentation et un écran de contrôle dans une zone très sécurisée.

Un milliard de doses en 2021

L’intérêt essentiel de l’adjuvant ? Mélangé à l’antigène du vaccin, il intensifie la réponse immunitaire de l’organisme face au virus, explique à l’AFP, le directeur de l’usine Eric Moreau. « C’est extrêmement important dans le cadre d’une pandémie, parce que ça va permettre de mettre moins d’antigènes dans les lots, de produire plus de doses et donc de vacciner plus de personnes et plus vite. »

GSK s’est fixé pour objectif de produire jusqu’à un milliard de doses de cet adjuvant en 2021, pour répondre aux besoins en vaccins contre la pandémie. Plusieurs centaines de millions de doses doivent sortir de l’usine nordiste, mais d’autres sites du groupe pharmaceutique britannique, en Belgique et aux États-Unis, sont engagés dans cette course.

Une centaine de personnes recrutées

Le laboratoire n’a pas attendu le résultat des études cliniques pour lancer la fabrication. Il a démarré cet été une production importante et prévu de recruter et former une centaine de personnes pour augmenter la capacité dans les prochains mois.

« Notre mission est de s’assurer que, lorsque le candidat vaccin sera disponible, on ait suffisamment d’adjuvant à mettre à disposition », poursuit le directeur du site.

L’adjuvant va être fourni aux laboratoires développant des vaccins anti-Covid avec lesquels GSK a noué des partenariats : le français Sanofi, qui pourrait démarrer fin 2020 les essais cliniques de Phase 3, dernière étape avant une demande d’autorisation ou encore le canadien Medicago et le chinois Clover Biopharmaceuticals.

« Pas de sels d’aluminium dans l’adjuvant »

Pour fabriquer l’adjuvant, il faut mélanger une solution huileuse et une solution aqueuse dans un homogénéisateur, puis filtrer. Le produit est ensuite stocké dans des grosses poches de 500 litres.

« La sécurité du patient et la qualité de ce qu’on fait sur le site de Saint-Amand sont absolument capitales », insiste le directeur de l’usine Éric Moreau. Qui précise : « il n’y a pas de sels d’aluminium dans l’adjuvant », un élément décrié par certains opposants aux vaccins.