Brexit : Jean Castex promet un plan pour la pêche et des renforts sur le site d’Eurotunnel

MER Lors d’une visite dans le Pas-de-Calais, le premier ministre s’est rendu à Boulogne-sur-Mer pour parler pêche et à Eurotunnel, un mois avant le Brexit

20 Minutes avec AFP

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Le premier ministre  Jean Castex, avec le maire de Boulogne-sur-Mer, Frédéric Cuvillier (à droite), et des représentants du port, lors d'une visite consacrée au Brexit, le 3 décembre 2020.
Le premier ministre Jean Castex, avec le maire de Boulogne-sur-Mer, Frédéric Cuvillier (à droite), et des représentants du port, lors d'une visite consacrée au Brexit, le 3 décembre 2020. — Christophe Petit Tesson / AFP

Des pêcheurs nordistes toujours inquiets. Assurant que la pêche française ne serait pas « sacrifiée » sur l’autel des négociations commerciales post- Brexit, le premier ministre, Jean Castex, a promis, ce jeudi, un « plan d’accompagnement » depuis Boulogne-sur-Mer. Il était venu constater, dans le Pas-de-Calais, l’avancée des préparatifs, à un mois de la fin de la période de transition.

« Nous espérons obtenir un accord dans les meilleures conditions possibles, mais pas dans n’importe quelles conditions. Et certainement pas dans les conditions où la pêche serait sacrifiée comme une variable d’ajustement », a martelé le Premier ministre, devant des représentants de la filière (marins-pêcheurs, industriels, transporteurs…).

« Il faut l’accès aux eaux, c’est impératif »

Alors que les normes européennes cesseront de s’appliquer au Royaume-Uni au 1er janvier 2021, qu’il y ait accord commercial ou non, Jean Castex a donc tenté de répondre aux inquiétudes des pêcheurs, figurant au premier rang des victimes de l’incertitude ambiante.

Le processus semblait toutefois s’accélérer en cette fin de semaine, le négociateur européen Michel Barnier ayant indiqué aux Etats membres que les prochaines heures de discussions seront cruciales. Or, la pêche, et donc l’accès aux eaux britanniques très poissonneuses, fait partie des principales pommes de discorde.

« Il faut l’accès aux eaux, c’est impératif », a ainsi répété à Jean Castex Olivier Leprêtre, président du comité régional de la pêche.

Réduire les files d’attente de camions

Pour les Français, la pêche dans les eaux britanniques représente environ 20 % de l’activité de pêche en Atlantique – Manche – Mer du Nord, soit quelque 180 millions d’euros. L’impact d’un « no deal », qui signifierait aussi un rétablissement des droits de douane selon une grille tarifaire de l’Organisation mondiale du commerce, est encore difficilement mesurable.

Plus généralement, le Premier ministre, qui s’est ensuite rendu à Calais sur le site d’Eurotunnel puis au port de commerce, venait également vérifier les préparatifs avant la bascule, alors que le gouvernement revendique le recrutement de 1.700 agents des douanes, vétérinaires, de la police… L’enjeu est de taille : réduire au maximum les files d’attente de camions.

Une vingtaine d’agents en plus à Boulogne-sur-Mer

Ainsi, Jean Castex a annoncé l’arrivée d’une vingtaine d’agents en plus à Boulogne-sur-Mer afin de faire fonctionner 24 heures sur 24 le service d’inspection vétérinaire de cette ville (Sivep) destiné à traiter les produits de la mer arrivant de Grande-Bretagne.

Les Hauts-de-France concentrent évidemment l’essentiel des enjeux, puisque 70 % des échanges commerciaux entre l’UE et le Royaume-Uni y transitent, à raison de 12.000 poids lourds, 13.000 voitures et 60.000 passagers par jour.