Confinement : Pourquoi peut-on faire de la grande roue à Amiens et pas à Lille?

CONFINEMENT Le préfet du Nord a interdit l’accueil de public dans le manège installé sur la Grand-place de Lille pour les fêtes de fin d’année. Une restriction qui n’est pas forcément appliquée de la même manière ailleurs en France

Mikaël Libert

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Montage de la grande roue à Lille.
Montage de la grande roue à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • La grande roue de Lille est installée mais ne pourra pas accueillir de public.
  • La préfecture évoque le risque de provoquer des attroupements de plus de six personnes.
  • Pourtant, dans d’autres villes comme Amiens ou Toulouse, des manèges seront installés et ouverts au public.

Après bien des péripéties, il a finalement été acté que la traditionnelle grande roue serait installée sur la Grand-place de Lille pour les fêtes de fin d’année. En revanche, ce qui fait beaucoup parler, c’est la décision de cantonner l’imposant manège à un rôle d’ornement, interdiction ayant été notifiée à l’exploitant d’accueillir du public. Les raisons sanitaires liées au coronavirus évoquées par la préfecture du Nord posent néanmoins question, puisque d’autres grandes roues bien remplies tourneront ailleurs dans le pays.

Il y a quelques jours, la maire de Lille, Martine Aubry, avait bel et bien déclaré qu’elle souhaitait installer sur la place du Général-de-Gaulle la grande roue qui trône à cet endroit chaque hiver depuis trente ans. Et ce manège, l’élue le voulait ouvert au public, le protocole sanitaire présenté à la préfecture étant « super-sécurisé ». C’est pour cette seconde partie que le préfet a dit non. « En accord avec la mairie, nous avons pris la décision de la fermer au public en raison du risque que cela génère des regroupements », explique la préfecture du Nord à 20 Minutes. La ville de Lille, de son côté, assure « ne pas comprendre la position du préfet ». Quoi qu’il en soit, la roue est montée et les Lillois pourront toujours l’admirer d’en bas à défaut de pouvoir monter dedans.

Des manèges à Amiens, Toulouse ou encore Bordeaux

Le problème, la préfecture du Nord l’a reconnu, c’est que la donne n’est pas la même partout. A Amiens, par exemple, des manèges, y compris une grande roue, seront montés et accessibles au public dès ce week-end. La préfecture de la Somme a confirmé à 20 Minutes avoir donné son feu vert à la ville. Même chose à Toulouse, où plusieurs manèges ouverts au public sont installés dans le centre-ville. Une grande roue sera aussi montée à Bordeaux à partir du 18 décembre.

En fait, rien n’est gravé dans le marbre, le gouvernement laissant la décision à l’appréciation des préfets. « Au niveau national, les éléments que l’on a disent que l’on peut ouvrir un manège isolé à partir du moment où ça ne génère pas de regroupements de plus de six personnes sur la voie publique », assure la préfecture. Le décret du 29 octobre, modifié le 28 novembre, permet en effet aux préfets de « restreindre ou réglementer, par des mesures réglementaires ou individuelles, les activités qui ne sont pas interdites ».

Une notion qui avait échappé au propriétaire de la grande roue de Lille : « Pour moi, c’était interdit partout. Là, il y a clairement deux poids, deux mesures », déplore Jan Van Derhoning. Lui ne comprend pas pourquoi une roue qui tourne avec du monde dedans générerait davantage d’attroupements qu’une roue qui tourne à vide. « Si c’est juste une question de file d’attente, nous avions prévu cela aussi dans le protocole sanitaire », assure-t-il. Il imaginait un « serpentin » sur la Grand-place respectant les distances physiques, loin, très loin de la cohue observée samedi devant le magasin Primark à Lille.