Pour obtenir réparation, frappez ici...

Vincent Vantighem

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C'est une pièce exiguë avec une jolie plaque bleue. Juste à l'entrée du palais de justice. Le premier bureau des victimes d'infraction de France a été inauguré, hier, à Lille. Car si la justice sert d'abord à sanctionner les auteurs d'infraction, elle vise aussi à « réparer le préjudice subi », selon Jean-Claude Chilou, le premier président de la cour d'appel de Douai. En clair : le bureau aidera les victimes à surmonter le traumatisme d'un crime ou d'un délit. Et surtout à obtenir le remboursement de dommages et intérêts.

« Une griffe sur une voiture, ça ne coûte que 1 000 euros. Mais pour certaines personnes, c'est énorme », explique Thierry Polle, le juge des victimes désigné pour expérimenter ce bureau durant six mois. Pour cela, trois associations de la métropole lui donneront un coup de main. Comme le service d'aide aux victimes de Roubaix, que Jean-François Masselis dirige depuis vingt ans. « La plupart des condamnés sont insolvables. Cela décourage souvent les victimes alors qu'il existe des procédures. »

Avec plus de 1 200 dossiers en attente sur son bureau, Jean-François Masselis sait de quoi il parle. « Le quart des demandes concerne des victimes de violences conjugales. » Viennent ensuite les vols et les dégradations volontaires. « J'attends beaucoup de ce bureau », a conclu Jean-Jacques Zirnhelt, le procureur général. Il n'est pas le seul. ■