Les détenus peinent à mort

Olivier Aballain

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« Eradiquer la forte augmentation des suicides est un défi douloureux qui nous est collectivement lancé. » Hier, le Premier ministre, François Fillon, n'a pas tardé à réagir au nouveau suicide d'un détenu de 22 ans à la prison de Longuenesse, intervenu dans la nuit de dimanche à lundi. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les chiffres sont alarmants : depuis trois mois, les onze prisons de la région déplorent six suicides de détenus.

Il faut dire que la surpopulation carcérale - un taux d'occupation de 129 % dans l'interrégion Nord (Nord-Pas-de-Calais-Picardie-Haute-Normandie) - bat de tristes records : 406 détenus pour 180 places à Béthune (226 %), 585 détenus pour 389 places à la maison d'arrêt de Douai, où un suicide a été déploré le 13 janvier dernier. « La surpopulation n'est pas qu'un problème de places, explique Anne Chéreul, déléguée régionale de l'Observatoire international des prisons (OIP). Elle entraîne une baisse de la disponibilité du personnel médical, social... Les détenus n'ont plus de réponse à leurs besoins. » Selon l'OIP, l'administration pénitentiaire « se cantonne à empêcher le suicide de se faire, en le faisant surveiller ». A Longuenesse, le détenu suicidaire avait été placé sous « surveillance spéciale » dans une cellule qu'il partageait avec un seul codétenu. Ça n'a effectivement pas suffi. ■