Les Assedic n’ont pas fini de recalculer

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« C’est la première fois que je vois autant de chômeurs prêts à se mobiliser. » Serge Havez, président de l’antenne d’Agir ensemble contre le chômage (AC !) en Nord-Pas-de-Calais, n’en croit pas ses yeux. L’accord réduisant la période d’indemnisation pour les chômeurs est en train de réussir ce qu’AC ! rêve de faire depuis longtemps. Depuis l’annonce du jugement favorable aux recalculés de Marseille, jeudi dernier, les bureaux d’AC ! dans la région ne désemplissent pas. Le téléphone sonne en continu et les dossiers de dépôt de plainte contre les Assedic s’accumulent. Avec, chaque fois, les mêmes recommandations : comment déposer plainte, à qui adresser le dossier, comment le remplir... Les permanents d’AC ! ne savent plus où donner de la tête. Mais la fatigue est masquée par une certaine euphorie. Pour Daniel Fauvergue, venu retirer un dossier de plainte hier matin, « le jugement de Marseille donne confiance, il montre que ça vaut le coup de se battre ». Une action qui va au-delà du besoin d’argent : « Cela fait du bien de voir que l’on n’est pas seul face au mur de l’administration », confirme Franck Debove, qui ne perçoit plus que le RMI depuis le 1er janvier. Avant le jugement, les premiers à déposer plainte étaient d’anciens cadres, très au fait de leurs droits. A présent, toutes les catégories viennent retirer un dossier. Du coup, à AC !, la mécanique s’emballe : « On devrait atteindre la centaine de dossiers avant la fin de semaine, affirme Serge Havez. Cela fait beaucoup de boulot en plus, mais pour l’instant on tient. » Qui craquera en premier, les Assedic ou les militants ? Olivier Aballain

à savoir Comme les 35 recalculés qui ont eu gain de cause à Marseille, les plaignants de la région réclament le rétablissement des mois d’allocations ainsi que des dommages et intérêts pour « préjudice moral ».