Roubaix : Les femmes « oubliées de l’Histoire », à l’honneur dans une carte du matrimoine en ligne

PATRIMOINE AU FEMININ La mairie de Roubaix a mis en ligne une carte du matrimoine de la ville, pour mettre en avant l’histoire oubliée de certaines femmes

20 Minutes avec AFP

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La carte du matrimoine de Roubaix.
La carte du matrimoine de Roubaix. — Capture d'écran

Faire redécouvrir des « oubliées » de l’Histoire. La mairie de Roubaix, dans le Nord, a créé et mis en ligne une carte du matrimoine de la ville, pour mettre en avant le portrait des quelques femmes qui ont laissé leur nom au sein du patrimoine.

En élaborant le rapport sur l’égalité femmes-hommes, les services de la ville ont fait le constat que seuls quelques équipements et une petite dizaine de rues sur 600 étaient baptisés du nom d’une femme, explique à l’AFP Muriel Chochois, directrice de la mission médiation.

Fondatrice du magasin parisien « Le Bon Marché »

Pour y remédier, l’idée d’une carte, proposée par « une stagiaire », a donc émergé « pour montrer que derrière chaque nom, de femme, roubaisienne ou non, il y a une histoire, des histoires », poursuit-elle.

Comme celle de Gervaise Schmitt, arrêtée avec sa famille à Roubaix en novembre 1943, qui a survécu à la déportation des Tsiganes par les Nazis. Ou celle de Marguerite Boucicaut, fondatrice avec son mari du grand magasin parisien « Le Bon Marché », dont le legs à l’Assistance publique a permis la création à la fin du XIXe siècle d’une maternité à Roubaix.

Résistante, ouvrière, artiste, philanthrope…

Sur cette carte mise en ligne sur le site de la ville, repérée par Nord Eclair, une fiche historique sourcée accompagne chaque nom de femme -résistante, ouvrière, artiste, philanthrope, etc.- associé à une rue, un équipement, leur lieu de naissance ou de commerce. La mairie (ex-LR) « invite » par ailleurs les habitants à lui faire des propositions pour avoir « une plus grande visibilité des femmes dans l’espace public ».

L’initiative rappelle celle de sept étudiantes de l’Ecole du Louvre à Paris qui avaient lancé en 2019 une carte interactive en ligne pour « rendre hommage » au matrimoine, plus de 70 œuvres créées dans Paris par des femmes. En écho aux Journées du patrimoine, des Journées du matrimoine avaient précédemment été lancées en 2015 par l’association HF Ile-de-France.

Et si le Panthéon accueillait une ouvrière du Nord ?