Coronavirus à Lille : Les Lillois se sont rués dans les sex-shops avant le confinement

PLAISIR Les love stores Lillois ont vu leurs chiffres d’affaires s’envoler dès l’annonce que la France sera de nouveau confinée

Mikaël Libert

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Le «womanizer» fait partie des meilleures ventes (illustration).
Le «womanizer» fait partie des meilleures ventes (illustration). — SOPA Images/SIPA
  • La France est de nouveau confinée contre le coronavirus depuis ce vendredi.
  • La veille, les Lillois ont envahi les magasins du centre-ville pour profiter du dernier jour.
  • Plusieurs sex-shops ont été littéralement dévalisés par des clients craignant sans doute de s’ennuyer.

Equipés pour se confiner. Dès l’annonce d’un reconfinement du pays pour lutter contre la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, beaucoup de Français se sont mis à faire des stocks, vidant les rayons pâtes et papier toilette des grandes surfaces. Pour autant, les supermarchés ne sont pas les seuls à avoir constaté un afflux soudain de clients. C’est aussi le cas des sex-shops, ou love-stores. A Lille, deux boutiques du centre-ville ont littéralement été dévalisées.

« On a cartonné. On a vu des gens arriver en courant pour acheter un truc puis repartir en courant. Je n’avais jamais vu une telle frénésie en neuf ans d’ouverture à Lille », s’étonne encore Patrick Pruvot, fondateur de la chaîne de boutiques Passage du désir. « Sur la seule journée de jeudi, on a doublé notre chiffre d’affaires, encore mieux qu’un jour de braderie », confirme Maxime Figula, responsable marketing du groupe de love-shops Babylon.

Un peu de tout mais beaucoup

Si le volume d’achat était très important, notamment pour les « consommables », il ne ressort néanmoins pas forcément un produit en particulier. « Beaucoup de lingerie sexy et des jeux pour les couples, connectés ou non », détaille-t-on chez Babylon. « Il a eu un effet d’amplification des tendances comme pour les cosmétiques intimes bio qui se sont très bien vendus », ajoute le fondateur de Passage du Désir. Ce dernier note aussi le succès d’objets comme le Womanizer, un sex toy qui fonctionne à distance en produisant des vibrations dans l’air. « Il y a une décomplexion pour ce produit qui est moralement plus acceptable puisqu’il est non pénétrant, qu’il ne vibre pas et qu’il ne touche pas », avance Patrick Pruvot.

Un tel engouement n’avait pas été ressenti à l’annonce du premier confinement, en mars dernier. « Les ventes avaient légèrement augmenté mais cela n’avait rien à voir avec cette fois-ci », poursuit Maxime Figula. « Peut-être les gens s’étaient-ils ennuyés la première fois, cela a créé une espèce de déclic. Ils se sont dit ''après tout, lâchons nous'' », enchaîne Patrick Pruvot. D’ailleurs, pris de cours par la fermeture des boutiques, les clients s’étaient repliés sur les commandes en ligne. Le trafic avait littéralement explosé entre mars et avril. « Il est resté très important au déconfinement alors même que les boutiques rouvraient et connaissaient aussi un afflux de visiteurs. Cela signifie clairement que nous avons gagné des clients », se félicite Patrick Pruvot.

Le Passage du désir n’a pas hésité à surfer sur la vague, notamment en proposant un « pack confinement » à un prix très suggestif. « On est là pour apporter du bien être et du plaisir. Beaucoup de gens se demandent pourquoi nous ne sommes pas considérés comme des commerces de première nécessité », insiste Patrick Pruvot. Ce sera peut-être le cas, au même titre que les librairies, s’il devait y avoir un troisième confinement.