Les Altadis gagnent trois semaines de sursis

© 20 minutes

— 

Le plan de restructuration du cigarettier Altadis ainsi que son plan social sont suspendus pour trois semaines. Pas avant, du moins, que le tribunal de grande instance (TGI) de Paris ne se prononce le 11 mai sur le fondement ou non de son plan de restructuration. D’ici là, la firme franco-espagnole ne pourra donc ni licencier, ni procéder à des réorganisations techniques, comme elle l’avait prévu. Cette mesure d’urgence, prise vendredi par le juge des référés du TGI de Paris, saisi par le comité central d’entreprise et concernant les 701 postes que l’ex-Seita voudrait supprimer – dont 456 à Lille – a été saluée par les syndicats ainsi que par diverses personnalités. Martine Aubry, la maire socialiste de la ville, ou Michèle Demessine, sénatrice communiste, se sont dites satisfaites de ce jugement. La maison-mère a indiqué, dans un communiqué vendredi soir, qu’elle attendait le jugement sur le fond. « Altadis reste confiant en la validité de ses arguments », a-t-elle expliqué. Son avocat avait mis en avant la liberté d’entreprendre et soutenu que ce n’était pas à la justice de contrôler la cause économique de la restructuration. Les salariés lillois espèrent, eux, que le tribunal de grande instance de Paris obligera le 11 mai le cigarettier à examiner le projet alternatif qu’ils ont élaboré. D’ici là, ils comptent « faire monter la pression » sur leur direction. « Nous avons gagné une bataille, mais pas la guerre, a déclaré Philippe Hamel, un délégué CGT. Nous allons mobiliser notre comité de soutien. » Caroline Dijkhuis

alternatif Le projet alternatif des Lillois prévoit de compenser le déclin du tabac brun par des départs en retraite anticipée, et de moderniser le stockage en tabac blond, dont la demande augmente de 3 % par an à l’export.