Hauts-de-France : Les usagers des TER pointent des problèmes exacerbés par le Covid-19

TRANSPORTS Deux associations d’usagers des trains régionaux des Hauts-de-France dénoncent la gestion défaillante des lignes régionales

Mikaël Libert

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Les suppressions de trains sont courantes sur ces lignes.
Les suppressions de trains sont courantes sur ces lignes. — M.Libert / 20 Minutes
  • Des assos d’usagers du TER dénoncent des dysfonctionnements dans le Nord.
  • Les trains supprimés ou trop petits posent la question du respect de la distanciation.
  • Le manque de personnel ou les défauts de maintenance sont pointés du doigt.

Vendredi, les représentants de deux associations d’usagers des TER des Hauts-de-France ont dit, une fois de plus, tout le mal qu’ils pensaient du transporteur ferroviaire. La colère d’A fond de train et de l’Union des voyageurs du Nord est particulièrement ciblée sur la problématique des « trains à composition réduite » sur un bon nombre de lignes régionales. Pour les assos, ce constat est d’autant plus préoccupant en période d’épidémie de coronavirus car il rend impossible le respect des règles sanitaires.

Vendredi, il suffisait de regarder les panneaux d’affichage en gare de Lille Flandres pour vérifier en partie les affirmations de Gérard Dupagny, président d’A fond de train, et de Gilles Laurent, président de l’Union des voyageurs du Nord : « Sur la région, chaque jour, ce sont entre 40 et 50 trains qui sont supprimés, souvent au dernier moment. La ligne Lille-Valenciennes est particulièrement impactée », regrette Gérard Dupagny. Certes il s’agit d’une goutte d’eau si l’on considère les plus de 1.200 TER qui sillonnent chaque jour les Hauts-de-France. Mais c’est une goutte d’eau bien embêtante pour les voyageurs des lignes impactées : « Il y a bien des bus de remplacement, sauf que l’on met 1h30 pour faire un trajet qui prend habituellement dix minutes », renchérit Gilles Laurent.

« Beaucoup d’usagers craignent de prendre le train dans ces conditions »

Outre les trains supprimés, les deux assos pestent aussi sur les trains à composition réduite : « Ce sont 25 lignes qui sont concernées, essentiellement aux heures de pointe, avec des trains sous dimensionnés », poursuit le président d’A fond de train. La conséquence, pour eux, ce sont soit des TER bondés, soit des voyageurs qui restent sur le quai. « Quand il y a trois voitures au lieu de six, c’est impossible de respecter la distanciation sociale. Beaucoup d’usagers craignent de prendre le train dans ces conditions, même si le port du masque est très respecté », insiste Gérard Dupagny.

Pour les deux assos, la gestion des ressources humaines de la SNCF est défaillante. « Il manque clairement du personnel, technique ou dans les trains. La SNCF fonctionne avec des effectifs à flux tendu. Avec la crise du coronavirus, quand des agents tombent malades, cela met en avant ce manque qui se répercute sur les usagers », constate Gilles Laurent.

Le point accueil de la gare de Lille Flandres a disparu.
Le point accueil de la gare de Lille Flandres a disparu. - M.Libert / 20 Minutes

La dernière chose qui met en rogne A fond de train et l’Union des voyageurs du Nord, c’est la disparition de l’accueil en gare de Lille Flandres. « C’est un véritable sabotage pour l’usager occasionnel du train. Les personnes non habituées ou les touristes étrangers qui se perdent ne savent plus où demander des renseignements », fulminent de concert les deux présidents. Un point de vue partagé par Nicolas Karasiewicz, non voyant et militant pour la cause des personnes en situation de handicap : « Tout ça pour transformer des gares SNCF en centres commerciaux au détriment des besoins des voyageurs », regrette-t-il. Contactée par 20 Minutes, la SNCF n’a souhaité réagir.